Butor, Michel
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (environ vingt minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec quelques erreurs de reconnaissance et des passages où Eco parle en français avec un fort accent)
Core ideas
Eco par lui-même : un essayiste qui écrit des romans le dimanche. Dans les extraits, Eco se présente comme un professeur qui n'écrit des romans que le dimanche. Un théoricien doit conclure, un romancier non : il met en scène des contradictions, car chaque personnage porte des positions, et « tout roman n'est pas une thèse ». Il récuse l'inspiration (le génie, c'est 10 % d'inspiration et 90 % de transpiration), dit écrire un roman tous les six ans et ne jamais partir d'un projet mais d'une image (le pendule de Foucault, un jeune trompettiste à des funérailles de partisan). Il décrit sa bibliothèque de livres « faux » (alchimistes, occultistes, rose-croix), distingue le faux, mensonge, de la fiction, jeu honnête comme les enfants qui disent « je suis Buffalo Bill », et affirme qu'il n'y a qu'une vérité absolue : la vérité romanesque (on sait qu'Anna Karénine s'est suicidée, et que Superman est Clark Kent). Il ajoute qu'on lit plus aujourd'hui qu'autrefois et que l'idée du contraire est une invention de journalistes.
Un humaniste rabelaisien. Carrière, qui a coécrit avec lui N'espérez pas vous débarrasser des livres, le connaît depuis une trentaine d'années, de ses rencontres pluridisciplinaires à Bologne, et le juge « le plus rabelaisien des Italiens » : une grande science de sémiologue accompagnée d'une joie de vivre intense. Il rappelle qu'Eco fut aussi un éditorialiste engagé, adversaire de Berlusconi (le nom est déformé dans les sous-titres), plongé dans la vie quotidienne (bandes dessinées, pastiches, Comment voyager avec un saumon), et qu'il disait que si Dieu existe, c'est une bibliothèque parfaite, car les religions en disent peu sur Dieu mais beaucoup sur nous-mêmes.
L'œuvre ouverte et la confiance dans le lecteur. Butor insiste sur L'Œuvre ouverte et Lector in fabula : le livre n'existe pas sans un lecteur qui le prolonge. Loevenbruck retient qu'Eco a défendu la culture populaire (Superman, James Bond, le polar du Nom de la rose), qu'il pariait sur l'intelligence du lecteur, quitte à compliquer, et que son roman le plus simple, La Mystérieuse Flamme de la reine Loana, fut le moins bien reçu. Il explique le succès du Pendule de Foucault par un double lectorat, les uns le prenant au premier degré, les autres au second, avec humour pour le complotisme ; Eco disait que les vrais secrets finissent toujours par être éventés, alors qu'un secret vide comme le complot universel permet d'écrire toute une vie.
Excerpts
“« tout roman n'est pas une thèse. S'il était une thèse, ce sera minable. »”
“« il y a une seule notion de la vérité qui est absolue, qu'on peut pas discuter, c'est la vérité romanesque »”
“« quelqu'un qui pariait toujours sur l'intelligence de son lecteur »”