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Podcasts/Andrea Cirla/Marrou, Élise

Marrou, Élise

agrégée, docteure en philosophie contemporaine, maîtresse de conférences à la Sorbonne

La pensée de Ludwig Wittgenstein 一 Élise Marrou

Andrea Cirla · Apr 18, 2026 · partial coverage

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Coverage note: full (environ trente minutes d'entretien ; sous-titres YouTube automatiques en français avec ponctuation, assez fidèles, avec des erreurs sur « Wittgenstein » ; les dernières secondes, des extraits lus et une chanson, sont sans intérêt)

Core ideas

Pas un assassin de la philosophie. Marrou conteste l'image de Wittgenstein « assassin de la philosophie » : il « décape les problèmes » et se met au service des problèmes philosophiques, qui sont des inquiétudes viscérales (attendre quelqu'un, éprouver un sentiment amoureux, avoir un espoir), non seulement du langage. Il n'est pas un « philosophe du langage » au sens d'un champ compartimenté : sa pensée dissout les problèmes qui nous obsèdent et a essaimé en anthropologie, sciences sociales, chez des artistes et des poètes.

Un parcours. Né à Vienne en 1889, mort à Cambridge en 1951, d'un père magnat de l'industrie, dans un palais où se côtoient Brahms, Clara Schumann, Rodin et Klimt (sa sœur Margarethe fut peinte par Klimt), il passe pour le moins doué de la famille, fait des études d'ingénieur (aéronautique, Manchester), découvre les questions de fondements des mathématiques, rencontre Frege à Iéna puis Russell à Cambridge en 1911, devient vite un interlocuteur « à armes égales ». Volontaire dans la Première Guerre mondiale (décoré pour son courage), il tient des carnets où alternent remarques de logicien et réflexions sur le sens de la vie, Tolstoï, Dostoïevski (il lit Les Frères Karamazov) et Nietzsche. Après le Tractatus, qu'il croit avoir réglé les problèmes de la philosophie, il devient instituteur en Basse-Autriche, puis revient à Cambridge à la demande de Keynes et enseigne dans une prose orale, vive, par immersion dans les problèmes (les cahiers Blue Book et Brown Book).

Le Tractatus et les Recherches. Le Tractatus logico-philosophicus (1921), dont le titre fut soufflé par un collègue en écho à Spinoza, vise à fixer les limites de ce qui peut être pensé et dit avec sens : « ce qui peut être dit en général peut être dit clairement, et sur ce dont on ne peut pas parler, on doit se taire ». Ce n'est ni résignation ni interdit (« en logique, tout ce qui est possible est permis ») ; la plupart des lecteurs actuels y voient une prose ironique qui démantèle de l'intérieur les prétentions métaphysiques. La distinction du dire et du montrer rejette tout métalangage. Les Recherches philosophiques (1953), cristallisation de ses carnets depuis 1929, poursuivent la méthode avec de nouveaux outils : jeux de langage (le langage entrelacé à des activités, la « boîte à outils » aux outils non uniformes), grammaire, « la signification, c'est l'usage ». La philosophie ne s'imite pas des sciences exactes, elle décrit et ne doit pas expliquer ; la métaphysique est la tentative de forcer les limites du sens, et il ramène les mots de leur usage métaphysique à leur usage ordinaire. Il construisit aussi, pour sa sœur Margarethe, une maison à Vienne, moderne et en dialogue avec Adolf Loos, mais « extraordinairement sensuelle ». Pour Wittgenstein, on philosophe par nécessité, parce qu'une énigme oppresse, non pour acquérir des certitudes.

Excerpts

“« Ce qui peut être dit en général peut être dit clairement et sur ce dont on ne peut pas parler, on doit se taire. »”

“« C'est pas condamner le métaphysicien à se taire, c'est redonner vie à des signes qui ont perdu justement leur sens. »”

“« l'enfant n'apprend pas ce que c'est qu'une chaise ou ce que c'est qu'un micro. Il apprend à s'asseoir sur une chaise et à parler dans un micro. »”