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Arendt, Hannah

identifiée par le titre de la vidéo

Hannah Arendt – Thought and Moral Propositions (1970 Lecture)

Andrea Cirla · Jul 7, 2023 · partial coverage

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Coverage note: full (environ quarante-huit minutes ; sous-titres YouTube automatiques en anglais, assez dégradés par endroits : plusieurs mots et noms sont mal reconnus)

Core ideas

La banalité du mal et la question de la pensée. Arendt rappelle ce qu'elle entend par « banalité du mal » à propos d'Eichmann : un phénomène factuel, non une théorie ; un homme ni démoniaque ni monstrueux, dont la seule caractéristique était négative, non la bêtise mais l'absence de pensée, et qui, en dehors des routines, était désemparé et ne parlait que par clichés. Elle se demande alors si la faculté de distinguer le bien du mal est liée à la faculté de penser, non pour que la pensée produise une bonne action, mais parce que l'habitude d'examiner ce qui arrive pourrait conditionner les hommes à s'abstenir du mal. Elle distingue la pensée, quête de sens, de la connaissance, quête de vérité : la connaissance laisse un trésor qui bâtit le monde, la pensée ne laisse rien de tangible et doit être recommencée.

Socrate comme modèle. Pour étudier cette expérience ordinaire de tout un chacun, elle prend Socrate comme « type idéal », penseur resté citoyen parmi les citoyens et qui n'a rien écrit : il est taon (qui réveille les citoyens endormis), sage-femme (qui les délivre de leurs opinions toutes faites) et torpille (qui paralyse autrui parce qu'elle l'est elle-même). Sa pensée est un « vent » invisible dont les effets sont manifestes : elle « dégèle » des concepts figés comme la justice ou la piété, sans produire de définition, et ébranle les coutumes. D'où le danger de la pensée pour le sens commun, qui prend les non-résultats pour des résultats négatifs ; mais le nihilisme n'est pas un produit de la pensée, il est l'envers du conventionnalisme. Elle y voit l'explication de la facilité avec laquelle les peuples ont changé de commandements sous le nazisme et le stalinisme : on s'habitue aux règles sans les penser.

Le « deux-en-un », la conscience et le jugement. Les deux propositions socratiques (« mieux vaut subir l'injustice que la commettre » ; « mieux vaut être en désaccord avec la multitude qu'avec soi-même ») supposent que celui qui pense soit en dialogue avec soi-même : la conscience est le « compagnon » avec lequel il faut vivre quand on est seul, et que seule la pensée fait apparaître. Elle est un effet secondaire, marginal en temps normal, mais décisif dans les situations extrêmes, où « les jeux sont faits ». Penser n'est pas le privilège de quelques-uns, mais une possibilité de tous, comme l'est l'absence de pensée ; et la faculté de juger les cas particuliers, liée à la pensée, peut prévenir des catastrophes. À une question du public, elle précise que la pensée vise le sens et non la vérité, et que Kant, en limitant la connaissance pour faire place à la foi, a en réalité fait place à la pensée.

Excerpts

“« thinking is concerned with meaning and not with truths »”

“« there are no dangerous thoughts for the simple reason that all real thoughts are dangerous »”

“« to think and to be fully Alive are the same »”