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Podcasts/Andrea Cirla/du Mesnil, Emmanuel Tixier

du Mesnil, Emmanuel Tixier

professeur d'histoire du Moyen Âge, coauteur de l'Atlas des mondes musulmans médiévaux, CNRS

L’islam en Europe, d’Al-Andalus à l’Empire ottoman

Andrea Cirla · Nov 8, 2023 · partial coverage

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Coverage note: full (environ quarante-sept minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance sur les noms propres)

Core ideas

Al-Andalus : conquête, puissance et coexistence. Tixier du Mesnil rappelle que les premiers contacts avec l'Europe sont des conquêtes (632, Égypte, Syrie, empire perse, Maghreb, Espagne en 711 avec Tariq ibn Ziyad et des Berbères), arrêtées à Poitiers en 732, et qu'une présence islamique tient à Narbonne jusqu'en 759. Le territoire est renommé al-Andalus, lié aux Omeyyades de Cordoue, califat proclamé en 929 : le géographe al-Razi en fait une image de tout l'Islam, et le savoir, la culture et la bibliothèque califale servent le pouvoir. Il écarte la « tolérance », concept moderne : on cohabite sans la reconnaître, les chrétiens sont majoritaires dans l'empire jusqu'au XIe siècle, les conquêtes ne sont pas des guerres de conversion, et les identités religieuses sont mouvantes (un cimetière madrilène où les hommes sont enterrés en musulmans, les femmes en chrétiennes).

Les Ottomans, un terme politique. Lellouch explique qu'« ottoman » est un terme dynastique ou politique (la maison d'Osman, vers 1300), « turc » un terme ethnique ; les Turcs passent en Europe en 1354, la conquête est vite récupérée par la dynastie, et le ghazi ou la guerre sainte est une lecture rétrospective de chroniques tardives, alors que le butin et la gloire comptent aussi. Les Ottomans appellent leur partie européenne « Roumélie » (le pays de Rûm, Rome), sans se dire successeurs de l'Empire romain. Ils recrutent des chrétiens dans leur armée, concèdent des fiefs fiscaux à des seigneurs locaux, pratiquent la devshirme avec islamisation forcée, et appliquent un statut des non-musulmans fixé par la loi islamique (capitation, droits de douane discriminatoires), qui n'est pas de la tolérance mais une inégalité codifiée.

Une histoire commune, ni religieuse ni ethnique. Le chroniqueur Kemalpaşazade attribue l'invasion de la Hongrie en 1526 à l'appel de François Ier prisonnier après Pavie, texte que Lellouch invite à prendre au sérieux sans l'accepter tel quel (la crainte de la puissance de Charles Quint pesait aussi). Les deux invités montrent que ces mondes s'allient par réalisme (Charlemagne et Haroun al-Rachid, les Omeyyades et Byzance), que les puissances sont inégales (Cordoue, plus grande que Paris avant le XIIIe siècle), que la Sicile, normande à partir des années 1060, adopte les modèles impériaux islamique et byzantin, et que l'histoire strictement religieuse et l'histoire ethnique sont deux impasses. Les Ottomans ont tenu la Hongrie, puis une partie de l'Ukraine actuelle (1672-1699) : une histoire de l'Europe, commune à tous.

Excerpts

“« le terme de la tolérance est un concept qui n'existe pas au Moyen-Âge »”

“« l'histoire strictement religieuse est une impasse l'histoire ethnique en est également une »”

“« ottoman est un terme politique turc est un terme ethnique »”