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Adorno, Theodor W.

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Theodor W. Adorno 一 L'industrie culturelle ● L'art et les arts

Andrea Cirla · Aug 3, 2024 · partial coverage

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Coverage note: full (environ quarante-quatre minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec quelques erreurs de reconnaissance et des passages musicaux)

Core ideas

L'industrie culturelle contre la « culture de masse ». Adorno explique avoir préféré en 1947, avec Horkheimer, « industrie culturelle » à « culture de masse » pour écarter l'idée d'une culture jaillissant spontanément des masses : ce sont des produits fabriqués selon un plan, pour la consommation, qui déterminent eux-mêmes cette consommation. L'industrie intègre de force l'art supérieur et l'art inférieur, au détriment des deux ; le consommateur n'est pas roi, il est l'objet de l'industrie, et les masses en sont l'idéologie plutôt que la mesure. La nouveauté est le primat avoué de l'effet et le profit devenu idéologie (la publicité pour le monde tel qu'il est), avec une technique extérieure à la logique interne des œuvres, le « vedettariat » comme refuge d'immédiateté illusoire et l'aura de Benjamin en décomposition.

Conformisme et antidémystification. Il critique ceux qui jugent l'industrie culturelle inoffensive ou ordonnatrice : elle propage l'ordre sans le fonder, un « impératif catégorique » qui n'a plus rien de commun avec la liberté (« tu dois te soumettre » à ce qui est), met en scène des conflits pour ramener l'individu à la collectivité et exploite la faiblesse du moi (les films à hauteur d'un enfant de onze ans, la rubrique astrologique). Son effet global est une « antiLumière » : ce qui devait être démystification devient tromperie des masses, qui empêche la formation d'individus autonomes, condition d'une société démocratique.

L'art et les arts : la dislocation des frontières. Dans sa conférence de 1967, Adorno analyse la dissolution des frontières entre les arts (la mélodie de timbres, les notations graphiques, la musique faite de bruits, les happenings, la peinture qui devient espace) comme un processus à la fois immanent à chaque art et poussé par l'histoire, qui suscite la peur du « métissage » (il y voit un écho du culte nazi de la pureté). Il discute la spiritualisation de l'art (Hegel, Kandinsky, Schönberg), le cinéma qui renonce à l'aura tout en introduisant une stylisation, et conclut que la dislocation des limites entre les arts est une fausse disparition de l'Art : l'utopie inscrite dans toute œuvre ne peut s'accomplir, et c'est pourquoi les arts se consument au contact les uns des autres.

Excerpts

“« le consommateur n'est pas roi comme l'industrie culturelle voudrait il n'est pas le sujet de celle-ci mais son objet »”

“« n'a plus rien de commun avec la liberté »”

“« la dislocation des limites entre les arts est une fausse disparition de l'Art »”