[Not Set]
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full - transcription automatique d'une séance d'environ deux heures, exposé et discussion.
Core ideas
L'orateur clôt son séminaire sur la rencontre « tumultueuse » de deux avant-gardes : Socialisme ou Barbarie et l'Internationale situationniste (IS) de Guy Debord. Il retrace d'abord les sources de l'IS, avant-garde d'abord purement culturelle. Il y a le lettrisme d'Isidore Isou, avec sa théorie des phases « amplique » et « ciselante » de l'art et son Traité de bave et d'éternité, d'où Debord tire le détournement et ses films expérimentaux, jusqu'aux vingt-quatre minutes de noir de Hurlements en faveur de Sade. Il y a ensuite le surréalisme belge de Paul Nougé et Marcel Mariën et la revue Les Lèvres nues. L'orateur les juge la source la plus sous-estimée : critique de l'automatisme bretonien, art expérimental, détournement et projets d'urbanisme émotionnel, mais aussi stalinisme jusqu'en 1956-1957, ce qui expliquerait le silence de Debord à leur sujet. Il y a enfin le mouvement CoBrA et Asger Jorn, Ralph Rumney et Constant, dont la New Babylon artificialisée, sans un arbre, révèle selon lui une veine futuriste et technophile. Il ajoute la lecture d'Henri Lefebvre et la notion de situation, peut-être venue de La Nausée de Sartre. Dans Potlatch, Debord tient encore en 1957 un discours de « sous-trotskiste » sur les « États ouvriers ».
Vient ensuite la rencontre. Debord envoie en décembre 1959 le numéro 3 de l'Internationale situationniste, que Daniel Blanchard découvre avec enthousiasme. Le moment coïncide avec le texte de Castoriadis (sous le pseudonyme de Cardan) qui appelle à étendre la critique révolutionnaire à l'urbanisme, à la famille et à la vie quotidienne. Blanchard rédige aux trois quarts des « Préliminaires pour une définition de l'unité du programme révolutionnaire », publiés seulement par la revue bordelaise Notes critiques (Daniel Joubert, Philippe Lacoue-Labarthe, autour de Jacques Ellul). Debord adhère réellement à Socialisme ou Barbarie d'octobre 1960 à mai 1961 : il paie ses cotisations, ronéote Pouvoir ouvrier et participe à une expédition dans le Borinage pendant la grève belge. Ni sa double appartenance ni sa démission n'apparaîtront jamais dans la revue situationniste. Ses premières critiques, sur l'indifférence du groupe, le vedettariat et la séparation dirigeants-exécutants, sont jugées réversibles contre l'IS elle-même, dont Debord sera dénoncé comme « propriétaire ». Le fond du désaccord figure dans les numéros 6 et 8 de l'IS. Debord y reproche à Socialisme ou Barbarie une simple « humanisation » du travail, voire une nostalgie de l'artisanat, et place au centre du projet révolutionnaire la suppression du travail par l'automation et la domination « inouïe » de la nature. L'orateur y voit un « délire prométhéen » d'origine marxiste-progressiste. Ce délire culmine dans le dernier numéro de l'IS, où l'univers est promis au « sac » par les conseils ouvriers, et il l'oppose à l'autolimitation castoriadienne qu'impose la crise écologique.
L'orateur évoque enfin la réédition caviardée de La Bureaucratisation du monde de Bruno Rizzi chez Champ libre, préfacée par Debord pour faire de Socialisme ou Barbarie un plagiaire. Il juge cette opération « pénible », la thèse de Rizzi étant à l'opposé de celle du groupe et le livre complet contenant des pages antisémites, que Joseph Gabel relie aux origines du négationnisme d'ultra-gauche. Il rappelle les critiques de La Société du spectacle par Claude Lefort (« le parti situationniste ») et par Daniel Blanchard (Debord dans le bruit de la cataracte du temps). Pour eux, le spectacle est une métaphore utile pour la culture mais abusive comme concept totalisant, et elle tourne au complotisme dans les Commentaires. Dans la discussion, il explique l'attaque contre Chaplin comme une provocation et le traitement de faveur de Jorn, mécène de la revue. Il évoque le Fourier vénéré des situationnistes, leurs liens distants avec les anarchistes, et la lecture de Stephen Hastings-King, qui voit dans le spectacle une tentative de sauver le marxisme contre Castoriadis. Il reconnaît à Debord la justesse de son rappel d'un Marx anti-étatiste.
Excerpts
L'orateur sur le cœur du désaccord entre Debord et Socialisme ou Barbarie :
“socialisme barari c'est ce que j'avais dit d'ailleurs un programme d'humanisation même s'il est révolutionnaire du travail et les situationnistes sont dans une la projection d'une société et d'une activité nouvelle libre au-delà du travail hein en réduisant le travail à presque zéro”
L'orateur sur la discrétion de Debord militant :
“il est très discret hein parle pratiquement pas pendant les réunions il intervient trois fois lors de la réunion internationale il est très discipliné il fait toute lui qui évidemment a fait une critique du militantisme comme sacrifisme comme sadomasochisme chrétien et cetera est très militant”
L'orateur rapportant la critique de Daniel Blanchard sur le spectacle :
“il fait une critique de la notion de spectacle c'est la notion de spectacle boule de cristal comme il dit qui s'enare de tout alors que c'est une métaphore et pas un concept hein c'est une métaphore”