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Core ideas
Le problème : un Croce « révisionniste ». L'orateur commence par la place de Croce dans l'historiographie du marxisme. Un historien nord-américain (probablement Paul Piccone) l'exclut presque de son histoire du marxisme italien, et l'image tenace transmise par l'historiographie est celle d'un révisionniste, acteur et produit de la « crise du marxisme » de la fin du XIXe siècle (Gramsci y voyait un chef intellectuel du révisionnisme). Il préfère les formules de « commentateur critique » (Sorel) ou de « critique de Marx », qui évitent d'invoquer une « orthodoxie » dont l'invention prolonge, selon Maximilien Rubel, la fondation de la doctrine par Engels. Croce est contemporain de la mort d'Engels (1895) et de ses premiers textes sur le marxisme (1896).
Trois textes pour une image. Cette image repose sur trois ensembles : le recueil de 1900 Matérialisme historique et économie marxiste (dont les éditions de 1900, 1906 et 1941 diffèrent), l'entretien de 1911 sur la « mort du socialisme » et l'essai de 1937 « Comment naquit et comment mourut le marxisme théorique en Italie », préface à Labriola. L'orateur évoque la critique de Plekhanov en 1902, peu qualifiée selon lui pour juger Croce, notamment sur la conception de la philosophie, et la réception de l'entretien de 1911 dans la presse syndicaliste française. Il en a retrouvé une traduction dans une petite revue (Correspondance de l'Union pour la vérité, dirigée alors par Daniel Halévy) et un commentaire dans La Vie ouvrière du 5 octobre 1911, signé « Armel », pseudonyme de Louis Thomas. Croce y dit avoir cru un moment à la « route royale de l'humanité », puis constate que le socialisme, puis le syndicalisme, sont morts ; le commentateur lui oppose la question de savoir ce que les intellectuels avaient à faire avec le syndicalisme.
Après Croce : le silence du Parti communiste. L'orateur montre que le texte de 1937 provoque un article anonyme de la revue du Parti communiste italien en 1951, embarrassé : admettre qu'il y a eu du marxisme en Italie après 1900 reviendrait à cautionner le Parti socialiste, ce qui est impensable dans un numéro célébrant la scission de Livourne ; le discours de Croce est donc occulté par une sorte de déplacement. Dans la discussion, un intervenant rappelle que Croce avait souscrit mille lires au journal du Parti socialiste en 1895, ce qui pesa contre lui lors de sa nomination comme sénateur en 1910, et que l'amitié entre Croce et Labriola reposait sur une même base philosophique, hégélienne, qui servait ensuite le Parti communiste pour se poser en interprète authentique du marxisme.
Excerpts
“« le sentiment d'avoir posé le pied sur la route royale de l'humanité »”
“« le socialisme est mort notre philosophe l'affirme dans un entretien »”
“« qu'est-ce que les intellectuel avait à faire avec le syndicalisme »”