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Curta, Florin

historien et archéologue du haut Moyen Âge est-européen

Byzantium and the Nomads. An Uneasy Relation ● Florin Curta

Andrea Cirla · Jul 4, 2025 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques en anglais, avec quelques déformations de noms propres et de termes grecs, par exemple « Heroditus », « Kriigur »)

Core ideas

Le topos des nomades. Curta part du cliché hérodotéen des Scythes, définis par ce qu'ils ne font pas (ni agriculture ni maisons) et par leur invincibilité, que les auteurs byzantins (Procope, Agathias, Ménandre, Léon le Diacre, Anne Comnène) reprennent comme un lieu commun d'ethnographie, et note que les historiens et archéologues modernes (« villes nomades », « États nomades », yourtes comme marqueurs) perpétuent ce cliché alors qu'il n'existe pas de définition acceptée du nomadisme (Khazanov : pastoralisme avec déplacements saisonniers de toute la population, distinct de la transhumance).

Le VIe siècle : aucun nomade dans les sources. Procope, Jordanès, Agathias, Malalas et Ménandre parlent de Huns, de Kutrigours et d'Utigours (genres et espèces, dans une nomenclature ethnographique), mais aucun ne décrit leur nomadisme ; Jordanès décrit seulement les déplacements saisonniers des Alciagires près de Cherson. L'histoire du Hun Gordas à Bosphore (528) fait plutôt apparaître une population installée autour d'une ville romaine. L'archéologie des plaines de la mer Noire montre des sites d'habitat pérennes (céramique, importations, bracelets et fibules byzantines), peu de campements, et une ceinture d'environ deux cents kilomètres entre la frontière byzantine et les premières implantations au nord. Les quarante tombes connues (inhumations, souvent dans des tumulus préhistoriques, surtout d'hommes, parfois avec un cheval) sont interprétées comme des « monuments de pouvoir et de prestige » plus que comme des tombes de nomades ; la répartition des trésors d'or (est de la mer d'Azov, diplomatie) et des monnaies de cuivre (ouest, échanges) suggère deux types de relations avec l'Empire.

Le XIe siècle : Petchénègues et mode vestimentaire. Les chroniqueurs (Skylitzès, Michel Attaleiatès, Anne Comnène) traitent les Petchénègues comme des Scythes, avec des stéréotypes (barbares, mangeurs impurs), mais mentionnent aussi qu'ils cultivent le sol, et le récit d'Anne Comnène (Alexis Ier faisant revêtir à ses soldats des uniformes « scythes » pour tromper l'ennemi) est vu comme une plaisanterie. Curta conteste les attributs matériels (chaudrons d'argile, pendentifs en feuille, plaques de ceinture) attribués aux Petchénègues, qui se concentrent au sud du Danube et pas aux régions de la steppe où les sources les localisent, et le grand cimetière d'« Odi » (535 tombes, trépanations symboliques, tombes à dalles) lui paraît n'avoir aucun parallèle nomade. Il conclut que les « nomades » hors de l'Empire étaient peut-être des populations sédentaires pratiquant la transhumance, et que des populations sédentaires dans l'Empire ont imité des nomades à succès, en adoptant un « look petchénègue » comme marqueur d'identité en période de crise.

Excerpts

“« Nomads are defined by means of what they are not and don't do. »”

“« no sixth century author dealing with the steplands north of the black sea mentions anything about nomadism »”

“« sedentary population inside the empire emulated successful nomads that had entered the empire »”