Zimeray, François
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Core ideas
L'éloquence n'est pas la comédie. Zimeray, qui ne se dit pas spécialiste de Cicéron, refuse de réduire l'éloquence à l'art de bien causer : elle renvoie l'auditeur à une forme de solitude et d'intimité, en le soustrayant au bruit ambiant. Il déplore les concours d'éloquence qui ressemblent à du stand-up, car « l'éloquence c'est la destruction de la comédie », et ne croit pas qu'elle s'enseigne autrement que comme une école de modestie, de vérité et de sincérité. Il retient de Cicéron la triade prouver, plaire, émouvoir, le prouver venant en premier : l'éloquence s'adresse à l'intelligence et ne se dissocie pas du raisonnement. Dans un monde de dérision, il faut se montrer dans sa vérité, au besoin chercher ses mots, et réfléchir à voix haute.
Plaider devant des juges, des jurés, un meeting. Zimeray distingue les publics : des magistrats professionnels à l'oreille usée par la succession des plaidoiries (il faut anticiper la réfutation, ne pas ne garder que les preuves favorables), des jurés populaires attentifs et graves, un meeting politique où l'on cherche moins à convaincre qu'à incarner une énergie. Il juge le style de Macron plus « cérébral » que viscéral, et le texte des Catilinaires très contextualisé et dépourvu de démonstration, à la différence de l'« J'accuse » de Zola ou du plaidoyer de Badinter, qui valent par leur démonstration factuelle. Il évoque la difficulté de défendre un client « monstre » : on lui rappelle qu'il est aussi un homme et l'on cherche le moment de la bifurcation.
La vérité, la justice et la cité. Pour lui, « la vérité a besoin d'aide » : elle apparaît sous un angle, et l'orateur déplace l'auditeur pour la lui faire voir autrement. Il rappelle que « la justice ça n'existe pas », qu'il n'y a que des juges, des êtres humains qui jugent d'autres êtres humains, et que le procès est une mise à distance inventée pour soustraire l'accusé à l'arbitraire de la foule, ce qu'illustre, dit-il, la sérénité des procès des attentats de novembre 2015 en France. Il regrette que l'on ait remplacé la cité par un « village global » régressif, juge la cancel culture hostile à la référence culturelle, et conclut que le propre du droit est d'accompagner les évolutions de la société mais aussi d'y résister.
Excerpts
“« l'éloquence c'est la destruction de la comédie »”
“« la vérité a besoin d'aide »”
“« la justice ça n'existe pas c'est-à-dire il n'y a que des juges »”