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Podcasts/Andrea Cirla/Helmer, Étienne

Helmer, Étienne

philosophe, spécialiste de la philosophie politique de Platon

Le séminaire est animé par Luc Brisson, qui pose la première question ; les autres intervenants de la salle ne sont pas nommés dans les sous-titres. Les sous-titres sont automatiques et approximatifs par endroits.

Proposals for a dynamic reading of Plato's "Republic" by Étienne Helmer

Andrea Cirla · Jul 30, 2023

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Core ideas

Étienne Helmer propose une lecture « dynamique » de la République de Platon, par opposition à la lecture dominante qu'il juge « structurelle et statique ou dogmatique » : celle qui décrit l'architecture de la cité juste (fonction propre, philosophes-rois, trois classes) comme un idéal figé, en négligeant les tensions qui la traversent (économie et politique au livre II) et les livres VIII-IX sur la dégradation des régimes. Sa thèse est que le dialogue porte sur des mouvements d'intégration et de marginalisation (de fonctions, de groupes, de catégories de population) qui conduisent la cité vers l'unité ou la désunion, et que Platon examine comment toute cité se fait et se défait.

Il développe trois points. D'abord, la tension entre forces économiques et politiques : dès la naissance de la cité (livre II), la multiplication des besoins et des appétits s'oppose à l'unité politique, et la « cité fiévreuse » mène à la guerre ; la politique droite doit intégrer l'économie, alors que dans les régimes dégradés, c'est l'économie qui marginalise la politique (partage de la terre et des maisons dans le passage du régime des philosophes à la timocratie, puis oligarchie fondée sur la richesse, le prêt à intérêt et l'endettement). Ensuite, les trois groupes fonctionnels et surtout le philosophe : l'idée des philosophes-rois est moins une thèse qu'un problème, puisqu'une grande partie du texte montre les difficultés d'éduquer et de préserver le « naturel philosophique » (qualités contraires, risque de confusion des fonctions, corruption par la foule et les honneurs, métaphore du muret contre la tempête). Enfin, ceux qui n'ont pas de place : les enfants de plus de dix ans « expulsés à la campagne », les enfants difformes ou « incurables », et les mendiants, symptômes de la cupidité collective de l'oligarchie, que Platon voudrait réduire par une loi sur les prêts aux risques du prêteur.

Dans la discussion, il répond que la critique de la famille vise une configuration (le sentiment du particulier) plutôt que la famille elle-même, que la musique et la gymnastique s'adressent toutes deux à l'âme, que les corps sont des « symptômes » des régimes, que la succession des régimes n'est pas un cycle historique et que la tyrannie montre la politique « mise à nu », que le philosophe est une plante délicate rendant la cité juste peu probable, que le politique prévoit des mariages pour harmoniser caractères et richesses, et que Platon invente une « rationalité politique » qui doit composer avec l'impossible. Il dit aussi que la lecture dogmatique s'explique par l'attente prescriptive de la philosophie politique et par la tendance à gommer la dynamique du dialogue.

Excerpts

“La thèse que je voudrais vous soumettre est que la réflexion de que Platon mène dans ce dialogue porte sur des mouvements d'intégration et de marginalisation de différentes fonctions, sphères d'activité et catégories de population envisagé dans leur devenir politique.”

“La proposition socratique des philosophes rois à laquelle on tend souvent à réduire le contenu politique central de la République est à mon sens moins une thèse qu'un problème puisque ce sont les difficultés d'éducation et de préservation du naturel philosophe qui occupe la majeure partie de l'ouvrage.”

“Mais je crois que ce que Platon invente, c'est une c'est l'idée de ce que c'est que la rationnalité en politique. c'est que le rationnel en politique doit compter avec avec tout ce qui n'est pas possible.”