Nelson, Robert
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (environ huit minutes ; sous-titres YouTube automatiques avec quelques erreurs de reconnaissance sur les noms propres)
Core ideas
Sainte-Sophie comme série de déclarations politiques. Nelson présente le monument comme « une série de déclarations politiques ». Après l'émeute Nika de 532, qui brûle la cathédrale et menace le palais, Justinien fait massacrer « 30 000 personnes » à l'hippodrome, puis reconstruit Sainte-Sophie en quatre ans, plus grand bâtiment à coupole du monde jusqu'au XVIe siècle : pour Nelson, cela ne traduit pas une grande puissance mais « la faiblesse profonde » de l'empereur, la magnificence masquant la mauvaise gestion de l'empire. En 1453, Mehmed II arrête le pillage et fait de l'église sa mosquée impériale, ce qui est cette fois une vraie expression de pouvoir ; au XVIIe siècle, la mosquée Bleue du sultan Ahmed, que les critiques jugeaient inutile et construite dans un empire déjà en déclin, compense la faiblesse de l'État comme celle de Justinien.
Atatürk et Erdoğan. En 1934, le gouvernement turc fait de Sainte-Sophie un musée, acte esthétique et politique niant sa fonction religieuse et la faisant considérer comme « monument d'art », dans la dissolution de l'Empire ottoman et la forte occidentalisation menée par Atatürk, qui agit en position de force. La proclamation d'Erdoğan, qui rend l'édifice au culte (un imam lit la sourate de la « conquête » ou « victoire », mot que criaient les émeutiers de 532), ne s'explique pas par un manque de mosquées dans le quartier, désormais rempli d'hôtels et de boutiques ; Nelson y voit un acte pris en position de faiblesse (déclin économique depuis 2018, pandémie, livre en chute), qui « compense d'autres problèmes de la République turque », comme les constructions de Justinien et d'Ahmed.
Excerpts
“« it resulted from the emperor's profound weakness »”
“« on that day 30,000 people were killed there by the imperial troops »”
“« It compensates for other problems in the Turkish Republic. »”