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Barzun, Jacques

From Dawn to Decadence 一 Jacques Barzun with Arthur Schlesinger (2000)

Andrea Cirla · Mar 30, 2024 · partial coverage

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Coverage note: full (environ quarante-trois minutes ; sous-titres YouTube automatiques en anglais, bien ponctués, avec quelques mots incertains)

Core ideas

La décadence comme chute, non comme catastrophe. Barzun définit la décadence : « falling away, falling apart ». Elle survient lorsque les idées d'une activité s'épuisent parce que tout ce qu'elles contenaient a été travaillé ; plus la chute est rapide, mieux c'est, car elle déblaie le terrain pour la jeunesse. Il voit dans le XVe siècle un âge de décadence (l'Église demande une réforme à laquelle ses institutions « arthritiques » ne peuvent répondre), ce que l'on retrouve aujourd'hui dans les gouvernements qui répètent « reform, reform, reform ». Cette décadence n'est pas cyclique au sens de Spengler ou Toynbee : l'histoire ne répète que par abstraction, mais des phases reviennent, dont le « primitivisme », le désir de simplifier une civilisation devenue trop complexe, et l'ennui, qui, comme le disait Whitehead, fait mourir les civilisations (l'ennui à l'égard de la culture européenne, ou la mode de l'anti-art et du minimalisme).

Fanatisme, séparatismes, abstraction. Interrogé sur les fondamentalismes, Barzun cite Mr. Dooley (un fanatique est quelqu'un qui fait ce que le bon Dieu ferait s'il connaissait les faits), et estime que le fanatisme vient du désespoir, non de l'ennui. La nation-État, grande création des cinq derniers siècles, se défait (Écosse, Flandre, Canada, Comores), car la mondialisation plonge les gens dans une mer anonyme qui suscite un besoin d'appartenance à de petits groupes : plus le monde s'intègre, plus il se désintègre. Il juge que l'abstraction, devenue maladie moderne, éloigne le réel (le chauffeur de taxi qui annonce « une possibilité de précipitations de 30 % »), et regarde avec méfiance les historiens qui croient que tout est construction sociale.

Genres, anecdotes et questions. Le roman est le genre du XIXe siècle, siècle du progrès et de l'histoire, démocratique et snob à la fois ; pour le XXe siècle, Barzun hésite entre le film, l'aphorisme populaire et la bande dessinée, puis, sur une question, la biographie et l'autobiographie. Il rappelle que Jules Verne a lu Wells et le jugeait peu scientifique, que les romanciers du XIXe siècle devaient leur productivité à leurs domestiques, et que Poe est plus grand en France qu'aux États-Unis. Au public il répond sur les régions (George Kennan proposant huit régions pour les États-Unis), l'Union européenne qui brise la souveraineté sans rien construire, Shaw qui aurait applaudi, et la télévision, qu'il regarde peu.

Excerpts

“« it means falling away, falling apart »”

“« civilizations die of boredom »”

“« someone who does what the good Lord would do if he only knew the facts in the case »”