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Core ideas
Trois sortes d'ignorants. L'orateur part du paradoxe que Socrate, désigné par l'oracle de Delphes comme l'homme le plus sage, affirme régulièrement qu'il ne sait rien. Il distingue trois ignorants : celui qui ne sait pas qu'il ne sait pas (innocence chez l'enfant, naïveté chez l'adulte), celui qui ne sait pas mais croit ou veut faire croire qu'il sait (la bêtise), et celui qui sait qu'il ne sait pas et cherche à savoir (la curiosité, l'étonnement, le désir de savoir), catégorie dans laquelle Socrate se range.
Une tactique avant d'être une éthique. Avouer son ignorance est d'abord une tactique redoutable : en disant qu'il ne sait pas, Socrate invite ceux qui croient tout savoir à dérouler leurs certitudes, puis les questionne patiemment, en pointe les tensions et contradictions, et détruit peu à peu leurs croyances comme on dégage une grosse pierre du chemin de la vraie connaissance. L'orateur suggère de l'essayer en famille : au lieu d'opposer croyance contre croyance, avouer son ignorance et poser des questions sur les conséquences ; si la croyance s'effondre, elle était fragile, sinon on aura appris quelque chose.
L'ignorance n'est pas un défaut. Avec son aveu, Socrate change le statut de l'ignorance : « ce n'est pas l'ignorance qui est un défaut, c'est le fait de ne pas en avoir conscience ». Sa sagesse est une forme de prudence et de modestie, qui consiste à discuter, examiner et comprendre par soi-même avant d'affirmer. Reconnaître son ignorance, c'est « se donner la chance de la vérité » ; dire « je ne sais pas » est le début de la sagesse.
Excerpts
“« Ce n'est pas l'ignorance qui est un défaut, c'est le fait de ne pas en avoir conscience. »”
“« c'est se donner la chance de la vérité. »”