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Darcos, Xavier

agrégé de lettres classiques, ancien ministre de l'Éducation, maire de Périgueux, sénateur

“Tacitus, his truths are ours” Xavier Darcos

Andrea Cirla · Dec 23, 2023 · partial coverage

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Coverage note: full (environ quarante-sept minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance, et des échanges rapides où les voix se mêlent)

Core ideas

Tacite, lucide mais pas désespéré. Darcos raconte son parcours (enseignement, puis politique par concours de circonstances) et refuse d'opposer pédagogue et homme politique : expliquer, convaincre, raisonner. Il dépeint un Tacite sans illusions sur la nature humaine mais engagé dans l'action publique, comme Machiavel ou Montaigne qu'il lui rapproche : « la connaissance désillusionnée de la nature humaine ou des comportements humains peut aider à la gestion politique ». Tacite n'est pas nostalgique de la République : monarchiste de fait, il veut sauver les apparences et faire revivre les vertus républicaines (fides, virtus, pietas), qu'il retrouve chez quelques héros, comme Thraséa, qui préfère le suicide à la soumission à Néron.

Un monde de peur et d'unité impériale. Pour Tacite, dit Darcos, c'est la peur qui mène le monde : les empereurs, presque tous assassinés (sauf Tibère, retiré à Capri), vivent dans la terreur d'être éliminés et exercent la terreur pour la conjurer, le crime de majesté permettant d'éliminer n'importe qui. L'unité de l'empire (urbs et orbis) lui paraît nécessaire, avec l'entrée au Sénat de provinciaux, mais il se méfie de l'Orient, de ses cultes et de ses mœurs, a de l'admiration pour les Germains rustiques, et n'aime pas l'hellénisme, qu'il associe à Néron. Il ne veut ni la révolte stérile ni la flatterie : il cherche « entre une résistance stérile et une servilité déshonorante, une route exempte de bassesse et de péril ».

L'écrivain, l'humour noir et la barbarie. Darcos souligne en Tacite un styliste « poignant », peut-être le premier écrivain au sens moderne, qui fait penser le lecteur, pratique l'humour noir et fait contraster des crimes atroces avec des décors magnifiques (le meurtre d'Agrippine dans la baie de Naples), sans la dérision de Juvénal ni les ragots de Suétone. Il reconnaît avoir aussi retrouvé chez Mérimée un homme de raison dans un temps de ferveur. Sa conclusion est un optimisme raisonnable : le « barbare » est celui qui refoule l'humain en lui, et la parole, la langue et l'enseignement des humanités luttent contre le chacun pour soi, forme d'autisme et d'abandon de l'humanité.

Excerpts

“« la connaissance désillusionnée de la nature humaine ou des comportements humains peut aider à la gestion politique »”

“« entre une résistance stérile et une servilité déshonorante, trouver une route exente de bassesse et de péril »”

“« c'est la peur qui mène le monde »”