Wenders, Wim
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Core ideas
Le film change parce que le public change. Wenders raconte qu'après Paris, Texas plus rien n'a été comme avant pour lui : il n'était plus un jeune cinéaste libre de faire ce qu'il voulait, on attendait beaucoup de lui. Il voit aujourd'hui « un autre film » qu'en 1984, alors que rien n'a été modifié. Il l'a montré à Berlin à de nombreux jeunes qui le découvraient et ont été touchés, ce qui lui a fait comprendre que ce qui change, c'est le public, non le film.
Restaurer, c'est retrouver l'image d'origine. La restauration doit faire redevenir le film celui de la première copie, ou même mieux, celui du négatif. Le négatif, conservé au froid, doit être « réveillé » pendant une semaine avant le scan, puis retourne à son sommeil ; il reste « le vrai témoin » du film et doit être préservé. Wenders dit n'avoir rien changé et avoir plutôt fait éclater la lumière, l'horizon et les couleurs primaires de l'Ouest américain, que le paysage a imposés à l'équipe comme un co-auteur.
Une fin trouvée en tournant, le temps comme matière. Le film n'avait pas de fin écrite, volontairement : l'équipe voulait la découvrir au fil du tournage. Wenders se souvient d'un lieu vu pendant le repérage, où tous les éléments étaient réunis, et de la certitude, au dernier plan, d'avoir fait un film qui toucherait les gens. Il définit le temps comme la matière du cinéma : le film compte environ cinq cents plans, chacun une pièce de temps, et le montage construit « un bâtiment dans le temps ». Le réalisateur est aussi un préservateur de paysages et d'idées qui disparaissent, ce qui justifie la préservation des films.
Excerpts
“« ce qui change c'est le public c'est pas le film »”
“« le West américain est un co-auteur de ce film »”
“« c'est la matière essentiel de ce qu'on fait dans le cinéma »”