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Core ideas
Un domaine longtemps négligé. La conférencière fait l'historiographie de l'étude de la peinture murale et de la mosaïque romaines en Allemagne, en Autriche et en Suisse, longtemps « parents pauvres » des études archéologiques. Les premières publications datent de la fin du XVIIIe siècle (fragments d'Avenches, publiés en 1786), puis du XIXe et du début du XXe siècle (frise des Amazones de Bonn, peintures de Nyon). La première monographie sur la peinture fragmentaire est celle de Walter Drack, en 1950, dont, dit-elle, personne ne comprit alors pourquoi il se lançait dans une telle étude ; c'est un catalogue de fragments, attentif à leur lieu de provenance et à leur conservation, à la datation par la fouille puis par le style.
Une tradition de catalogues et de restitutions. Elle suit une lignée de chercheurs : Klaus Parlasca (Cambodunum, Augsbourg, 1953), qui applique la méthode de Drack tout en s'intéressant à la restitution architecturale ; Victorine von Gonzenbach pour les mosaïques de Suisse, un catalogue d'une exhaustivité que seule la thèse de Sophie Delbarre égale quarante ans plus tard ; Hedwig Kenner à Virunum et au Magdalensberg (restitutions à l'aquarelle sans intégrer de fragments) ; puis les thèses de Renate Thomas (Cologne) et de Rüdiger Gogräfe (Germanie supérieure), qui n'hésite pas à abuser de la restitution. Elle évoque aussi la paroi de Dionysos découverte à Cologne en 1969, restaurée avant d'être publiée, et ses propres travaux de 1989.
Entre approche holistique et vision sectorielle. Pour la conférencière, la mosaïque et la sculpture se prêtent encore à une vision holistique, mais la peinture murale doit s'accommoder d'une approche plus sectorielle pour retrouver les conditions d'une synthèse ; une exposition lui paraît la solution la mieux adaptée. Elle regrette que l'interprétation des motifs attende encore trop souvent une approche iconographique. Dans la discussion, on débat de l'influence de Semper sur le modèle textile des motifs peints (lien plus implicite qu'explicite chez Drack ou Gonzenbach) et on rend hommage à Henri Stern, fondateur du groupe français et du recueil des mosaïques de la Gaule, qui associait peinture et mosaïque et mit en relation les chercheurs allemands, suisses et français.
Excerpts
“« peinture murale et mosaïque ont été longtemps considérés comme les parents pauvres de ces études archéologiques »”
“« personne à l'époque n'a compris pourquoi il se lançait dans une telle étude »”
“« la peinture murale doit s'accommoder d'une vision plus sectorielle pour retrouver les conditions d'une synthèse »”