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Koetschet, Pauline

historienne de la philosophie et des sciences arabes, lectrice du grec ancien et de l'arabe ; nom écrit « Cutchet » dans les sous-titres

Translation from the Greeks: The Arab Renaissance ● Pauline Koetschet

Andrea Cirla · Jul 19, 2025 · partial coverage

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Coverage note: full (environ vingt-cinq minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français avec ponctuation, assez fidèles, quelques erreurs sur les noms propres)

Core ideas

Un mouvement de traduction d'État. Le mouvement de traduction gréco-arabe a duré environ deux siècles à partir du milieu du VIIIe siècle et a fait passer la quasi-totalité des textes scientifiques et philosophiques grecs, directement ou via le syriaque, en arabe (rien que pour Aristote et Galien, environ quatre-vingts volumes). Les Abbassides (au pouvoir en 750), surtout autour d'al-Ma'mun, mènent une politique d'État : expéditions pour chercher des manuscrits, demandes aux Byzantins. Les premiers textes traduits sont utilitaires (algèbre, astrologie, utile à la cour), puis la demande de philosophie grandit ; Bagdad est une capitale cosmopolite et un nœud du savoir et du commerce. Ibn Khaldoun, héritier lointain (XIVe siècle), décrit les traductions d'Aristote sous al-Ma'mun et les commentaires d'Avicenne et d'Averroès.

Le travail des traducteurs. La « Maison de la sagesse » est en partie un mythe (traduction d'un terme de l'administration sassanide). Hunayn ibn Ishaq, le « prince des traducteurs », dirigeait un atelier familial (son fils Ishaq, son neveu Hubaysh) et décrit sa méthode : rassembler plusieurs manuscrits d'un même texte pour reconstituer la version la plus fiable (il a cherché en Mésopotamie, Syrie, Palestine, Égypte, jusqu'à Damas, le traité de Galien sur la démonstration), puis traduire en syriaque ou en arabe selon le commanditaire (souvent médecin chrétien). Il cherche à transmettre le sens, rend le texte plus explicite, adapte son style, corrige les erreurs de copiste ; on ne peut opposer traduction et commentaire, et ce travail enrichit la langue arabe.

Logique, sciences, transmission. La logique aristotélicienne pose des problèmes (la copule « est » n'existe pas en arabe), d'où une controverse célèbre au Xe siècle entre le grammairien al-Sirafi et le philosophe Matta ibn Yunus : la logique n'est-elle que de la grammaire grecque ou des lois universelles de la pensée ? Les savants arabes ne se bornent pas à commenter : dynamisme en mathématiques, en optique (Ibn al-Haytham). Avicenne (Est) et Averroès (Andalousie) incarnent la falsafa. Les textes indiens ont été traduits surtout à l'époque sassanide, sans projet comparable. Au XIIe siècle, les traducteurs latins traduisent à la fois des textes grecs passés par l'arabe et des textes arabes : une histoire commune. Koetschet avoue préférer lire Galien en arabe qu'en grec, grâce au talent de Hunayn.

Excerpts

“« Donc il y a vraiment une quête d'abord de l'objet et puis du texte. »”

“« traduire, c'est jamais transposer un texte d'une langue dans une autre. »”

“« À aucun moment la science s'est arrêtée. »”