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Cohen, Albert

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Albert Cohen — Le livre de ma vie (1974)

Andrea Cirla · Jun 2, 2023 · partial coverage

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Coverage note: full (environ dix-sept minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec des erreurs de reconnaissance et quelques phrases fragmentées)

Core ideas

Une mère « frère humble du génie ». Cohen décrit sa mère comme une femme rudimentaire et quotidienne, intelligente, qui parlait un dialecte, privée de culture et de langue mais dotée d'un certain génie : ce que Proust appelle un frère humble du génie. Il raconte qu'elle consolait de sa vie modeste une jeune fille regardant un savon de luxe, qu'elle l'a soigné par besoin plus que par devoir ou par affection, qu'elle se levait à trois heures du matin pour lui faire un café et lui raconter des histoires, qu'elle vendait ses bijoux pour l'aider étudiant, et qu'elle trouvait ses romans incompréhensibles (« où tu les prends tous ces mensonges ? »). Son père, au contraire, reste « un peu à l'étranger » pour lui.

Fierté, gêne et douleur. Il évoque ses visites à Genève, les cadeaux quotidiens (des pâtes d'amande), sa fierté de voir son fils muni d'un passeport diplomatique, et son projet d'un « empire mondial suisse » où les ministres ne changeraient jamais. Il avoue avoir eu honte de son accent dans des réceptions diplomatiques et se reproche une scène où il a reproché à sa mère d'avoir téléphoné, inquiète, à des gens importants, scène qui revient dans le livre. Elle est morte en 1942, pendant qu'il était à Londres, sans qu'il ait pu la revoir ; elle revient dans ses rêves, vivante mais indifférente.

La pitié comme fondement de la tendresse. Cohen ne croit ni à la survie ni aux commandements religieux, mais il a trouvé une raison d'avoir de la tendresse pour tous, même ceux qui lui ont fait du tort : ils sont des « futurs agonisants », promis aux horreurs de la vallée de l'ombre de la mort. Cette pitié devient pour lui un commandement, fondé sur la commune souffrance, et distinct de l'amour, réservé aux bien-aimés. Il explique avoir écrit le livre pour calmer sa douleur, pour retrouver l'enfance (pleurer sa mère, c'est pleurer son enfance), par un désir d'expiation, pour la faire durer plus longtemps que lui et pour que sa femme, qui ne l'a pas connue, l'aime.

Excerpts

“« ce que Proust appelle un frère humble du génie »”

“« c'est l'idée qu'ils sont des futurs agonisants »”

“« sa mère c'est son enfance j'ai été son enfant je ne le suis plus »”