Mastroianni, Marcello
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Core ideas
Du bureau au théâtre au cinéma. Mastroianni raconte qu'il étudiait l'architecture à Rome, a joué avec un groupe d'étudiants, est devenu professionnel dans une grande compagnie de théâtre (dix ans, notamment avec Un tramway nommé Désir et Mort d'un commis voyageur), après avoir travaillé comme comptable pour une société de cinéma. Selon lui, tout le monde est un peu acteur (« l'humanité entière est composée d'acteurs et d'actrices ») ; le théâtre apprend le goût plus que le jeu, et l'acteur s'accroche à des personnages parce qu'il est « un homme jamais mûr ». Ses débuts au cinéma l'ont dégoûté par la brutalité envers une actrice non professionnelle. Le cinéma, dit-il, est comme un amour : on se donne à un metteur en scène qui promet et peut trahir, mais la responsabilité du choix revient à l'acteur.
Détruire le mythe du latin lover. Il minimise La Dolce Vita (il préfère 8½ et Divorce à l'italienne) et explique avoir joué des hommes conquis ou « en puissance » plutôt que des séducteurs : une « galerie d'impuissants », jusqu'à un Casanova vieillissant, pour détruire l'image conventionnelle de l'Italien, qui a surtout besoin de parler et de croire à un grand amour. Il se dit misogyne par nature, comme les hommes, et rit de sa réputation de séducteur, qui ne vient pas de sa vie mais de personnages.
Fellini, Ferreri et le cinéma d'aujourd'hui. Avec Fellini, ce n'est pas du travail mais des blagues d'écolier, qui conviennent mal aux acteurs habitués à tout expliquer, et il aurait aimé être choisi pour son Casanova ; Ferreri, lui, fonctionne par complicité et petits gestes, et donne les meilleurs plans au premier acteur arrivé. Un prix d'interprétation à Cannes (pour Drame de la jalousie) encourage, dit-il, comme une course gagnée. Il raconte son séjour déçu à Hollywood (un quartier sans vie où la police arrête les promeneurs), juge le cinéma italien vivant malgré les difficultés économiques et politiques, mais sans relève de jeunes réalisateurs et donc d'acteurs, et trouve le cinéma français trop plein de policiers. Socialiste sans carte, il préfère les films qui combattent les scandales, juge l'argent peu utile et décrit Cannes comme un cirque où l'acteur se sent un animal observé.
Excerpts
“« l'humanité entière est composée d'acteurs et actrices »”
“« c'est comme un amour le cinéma »”
“« j'ai toujours aimé détruire l'image et l'idée de l'italien »”