Borges, Jorge Luis
▶ Watch on YouTubeRead the full transcriptCoverage note: full (extrait d'environ une minute ; sous-titres YouTube automatiques en anglais, avec quelques erreurs de reconnaissance)
Core ideas
Deux langues en une. Borges explique qu'il lit en anglais et le place au-dessus de l'espagnol, d'abord parce que l'anglais est à la fois germanique et latin : pour une même idée, il offre deux mots dont le sens n'est jamais tout à fait identique. Il oppose ainsi des termes d'origine saxonne, sombres et denses, à leurs équivalents latins, plus clairs et plus légers.
L'exemple du Saint-Esprit. Pour illustrer l'écart, il compare « Holy Spirit » et « Holy Ghost » : dans un poème, le choix change tout, car « ghost » est un mot saxon, sombre, alors que « spirit » est latin et léger. Cette nuance, dit-il, n'a pas d'équivalent en espagnol, langue romane où le même contraste n'existe pas.
La plus physique des langues. Sa seconde raison est que l'anglais est « la plus physique de toutes les langues », par la richesse de ses verbes à particule : « to laugh off », « to dream away », « to live down something », « to live up to something » n'ont pas de traduction directe en espagnol. Ses exemples touchent au pouvoir d'expression des prépositions, non à la grammaire en général.
Excerpts
“« English is a the most physical of all languages »”
“« ghost is a fine dark Saxon word while spirit is a light it's the Latin word »”
“« you can do almost anything with version prepositions for example to laugh off to dream away »”