Martinez-Gros, Gabriel
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Core ideas
Islam et islam, civilisation et religion. Martinez-Gros explique que le même mot recouvre deux réalités, comme dans la distinction entre christianisme et chrétienté : la religion et une civilisation impériale (institutions, histoire politique, art), qui inclut des minorités non musulmanes partageant ses canons politiques, esthétiques et linguistiques. Il présente trois empires contemporains, apparus entre le début du XVIe siècle et le XIXe : ottoman, séfévide et moghol, tous trois administrés en grande partie en persan, car depuis le XIIIe siècle le monde musulman est coupé en deux, une partie arabe occidentale et une partie orientale où le persan domine.
L'Empire ottoman, balkanique avant d'être turc. Né d'une confrérie de combattants de la guerre sainte autour d'Osman, à la frontière byzantine, l'émirat s'impose en Europe à partir du milieu du XIVe siècle (Kosovo, 1389), conquiert Constantinople en 1453, puis le monde arabe (Syrie et Égypte, 1516-1517). Les sultans prennent le titre persan de padichah, et le calife n'est plus qu'un chef religieux. Martinez-Gros rappelle les victoires sur les croisades (Nicopolis, Varna), la défaite d'Alger de Charles Quint en 1541, la bataille de Lépante (1571), et le système des janissaires, esclaves-soldats recrutés dans les Balkans par la devshirme, « réserves de violence » dont l'architecte Sinan est issu. Il place la fin de l'Empire ottoman quand il « cesse d'être seul au monde », vers la fin du XVIIIe siècle, avec les réformes (Tanzimat), l'alliance française et la montée des nationalismes balkaniques.
Séfévides et Moghols. L'Empire séfévide naît en 1501 d'une confrérie chiite de tribus turques autour du jeune Ismaïl, qui impose le chiisme comme religion d'État ; il atteint son apogée sous Abbas Ier (Ispahan, miniatures, musique), qui extermine les Qizilbash et s'appuie sur des soldats arméniens, et s'effondre vers 1722-1736. Le traité d'Amasya (1555) entre Soliman et Tahmasp laisse chacun de son côté, comme la paix d'Augsbourg en Europe. L'Empire moghol, de 1526 à la révolte des cipayes de 1857-1858, est le plus peuplé (une centaine de millions d'habitants sous Akbar) ; il repose sur une population hindoue, avec des serviteurs étrangers (Ouzbeks, Persans, Afghans), et laisse le Taj Mahal. Akbar, qui abolit la jizya en 1579, est apprécié de la gauche indienne, Aurangzeb, qui la rétablit, l'est plutôt au Pakistan ; Londres s'installe en héritière de l'Empire avant de le déposer.
Excerpts
“« deux deux réalités qu'il faut essayer de distinguer »”
“« l'Empire ottoman est un empire balcanique c'est un empire européen au départ »”
“« quand il cesse d'être seul au monde »”