Freinet, Célestin & Meirieux, Philippe
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Core ideas
Un paysan inventeur et une coopérative d'instituteurs. Les témoins décrivent un Freinet « tellement ancré qu'il se sentait capable d'oser » : blessé à Verdun (au Chemin des Dames, d'après la narration), il souffre d'un souffle court qui l'incite à inventer des dispositifs où l'élève travaille (classe-atelier, imprimerie, journal scolaire, correspondance, texte libre, plan de travail, suppression de la note). Avec Élise, il quitte l'Éducation nationale en 1935 pour fonder une école privée, laïque et prolétarienne. Sa grande innovation est la coopérative des instituteurs, qui mutualisent « échecs et réussites » dans des revues et congrès ; pour Meirieux, il « déprolétarise » l'enseignant en le traitant comme un chercheur, non l'exécutant d'outils.
Mobiliser plutôt que motiver. Meirieux souligne que Freinet inverse la thèse courante : « il faut les faire réussir pour qu'ils soient motivés ». L'âne qui n'a pas soif, souvent cité, serait mal compris : l'enfant privé de mathématiques ne finit pas par réclamer Pythagore, d'où une théorie de la mobilisation sur des enjeux intellectuels exigeants (la Bibliothèque de travail initie les enfants à Darwin). Freinet critique l'enseignement traditionnel non parce qu'il est trop difficile, mais parce qu'il est « faiblard » ; il refuse la pédagogie « ludique » : le travail est vraiment du travail. Les classes-ateliers posent pourtant le risque de la division du travail entre bons et faibles, que Freinet corrige par des « processus correcteurs » : brevets obligatoires et facultatifs (dialectique entre travail collectif et individuel), plans de travail annuels. Il fait de l'enquête (usines, boulangerie) un travail global qui mobilise toutes les disciplines.
Une éducation pour la démocratie. Freinet veut une école qui ne prépare pas à subir mais à « dominer » la société de demain (l'automation réclame des hommes intelligents) ; il veut former des citoyens critiques, non des « bénis-oui-oui ». Les commentateurs rapprochent cela de Condorcet, Jules Ferry et Buisson, et de la « fonction thermostatique » de l'école, qui peut corriger la société. Il refuse les notes (absurdes, elles classent au lieu de faire progresser) ; il soutient la loi Berthoin de 1959 (scolarité à 16 ans), qui a démocratisé l'accès sans démocratiser la réussite : « entre l'accès à l'école et la réussite dans l'école, il y a la pédagogie ».
Excerpts
“« il faut les faire réussir pour qu'ils soient motivés »”
“« L'école n'est pas là pour former des bénis oui elle est là pour former des citoyens critiques »”
“« on aura plus jamais un arbre, on aura du bois »”