Morrisson, Cécile
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Core ideas
Une série en trois volumes. Le tome 1 (330-641) va de la fondation de Constantinople à la mort d'Héraclius, date « commode » après l'attaque des Perses et la défaite du Yarmouk face aux Arabes ; le tome 2 (641-1204) s'arrête au sac de Constantinople par la quatrième croisade ; le tome 3 couvre 1204-1453, jusqu'à la prise par les Turcs. Le tome 3, écrit avec une dizaine de collaborateurs, associe des spécialistes étrangers de la Serbie, de la Bulgarie, de l'Asie Mineure turque et des Latins en Orient, l'empire n'étant plus qu'une « peau de chagrin » entouré de voisins slaves et turcs.
Décadence ou rayonnement. Morrisson décrit Byzance comme un carrefour géographique, chronologique (l'Antiquité y persiste : l'empereur reste « empereur des Romains ») et idéologique. Malgré l'appauvrissement de l'État, la période est riche : floraison artistique (Kariye Camii, fresques serbes), intellectuelle (édition et copie savantes après le choc de 1204 : Maxime Planude, l'Anthologie grecque, Diophante), économique (essor du commerce avec Vénitiens et Génois, émergence d'une classe moyenne, aristocratie reconvertie dans la banque, livre de comptes de Giacomo Badoer).
Les rapports avec les Latins et la synthèse byzantine. Le conflit entre les Églises est ancien, aggravé par la quatrième croisade et la haine du Latin (« plutôt le turban que la tiare »), mais des contacts intellectuels se développent : traductions réciproques (Guillaume de Moerbeke, Planude, Kydonès), échanges au concile de Florence, séduction de la scolastique (Georges Scholarios). Elle rappelle que les Byzantins ont longtemps été plus instruits que l'Occident, et conclut que Byzance a réalisé « une synthèse inégalée entre la Grèce, Rome et le christianisme », qui fait partie de l'histoire européenne, et qu'elle souhaite voir davantage redécouverte.
Excerpts
“« Il s'appelle empereur des Romains jusqu'à la chute de l'empire. »”
“« Donc les Byzantins ont longtemps eu une grande avance de ce point de vue sur l'Occident. »”
“« Byzance réalisa une synthèse inégalée entre la Grèce, Rome et le christianisme. »”