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Podcasts/Andrea Cirla/Changeux, Jean-Pierre

Changeux, Jean-Pierre

neurobiologiste, professeur au Collège de France et à l'Institut Pasteur, président du Comité consultatif national d'éthique, auteur de L'Homme neuronal et de L'Homme de vérité

Une présentatrice ou un présentateur non nommé introduit Changeux, qui remercie « Monsieur Michot », c'est-à-dire Yves Michaud ; plusieurs auditeurs non nommés posent des questions.

The Universals of Thought — Jean-Pierre Changeux

Andrea Cirla · Feb 1, 2025 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique d'une conférence d'environ cinquante minutes suivie d'une vingtaine de minutes de débat.

Core ideas

Changeux part de la querelle médiévale des universaux et des trois manières de les envisager selon Albert le Grand (ante rem, in re, post rem). Avec Descartes et La Mettrie, il en propose une lecture matérialiste : les régularités du monde physique, l'organisation commune du cerveau d'Homo sapiens, et les représentations partagées qui s'y forment et s'organisent en pensée. Le cerveau est la synthèse d'évolutions emboîtées, génétique, embryonnaire, épigénétique (le nouveau-né n'a que la moitié des connexions de l'adulte), mentale et culturelle. La variabilité est elle-même un universel, celui qui permet l'évolution. Le génome humain compte 30 000 à 40 000 gènes, soit autant que la souris et presque autant que le chimpanzé. Pour Changeux, ce « paradoxe de parcimonie » s'explique par la combinatoire et la régulation de l'expression des gènes, capables de déplacer des frontières et d'étendre certains territoires du cerveau. C'est ainsi que le cortex frontal, « l'organe de la civilisation » selon Louria, passe de 8,5 % chez le singe-écureuil à 29 % chez l'homme. En découlent des dispositions innées universelles, comme la succion, la reconnaissance des visages ou la distinction entre vivant et inanimé, et d'autres propres à l'homme : la conscience, le langage, l'attribution d'intentions à autrui.

La connectivité se construit ensuite par sélection : « apprendre, c'est éliminer ». Mais si tous les cerveaux diffèrent, comment se comprendre ? Le « théorème de variabilité » établi avec Philippe Courrège et Antoine Danchin, qu'il préfère appeler d'invariance, montre que des réseaux différents peuvent produire la même relation entre entrée et sortie. Les objets mentaux sont des états d'assemblées de neurones, et l'on distingue déjà chez le singe des catégories comme visages, animaux et outils. Avec Stanislas Dehaene, il décrit des « pré-représentations » spontanées sélectionnées par des neurones de récompense : c'est le modèle du tri de cartes du Wisconsin, et l'autostimulation chez le rat d'Olds. Le singe vervet apprend ainsi à ne craindre que les aigles vraiment prédateurs. La conscience naît d'un « espace de travail » de neurones à long axone, surtout préfrontaux, au-dessus de processeurs non conscients, comme le montre l'imagerie des mots masqués. Les règles « épigénétiques » de raisonnement se transmettent ensuite socialement par une « récompense partagée ». La mère vervet reprend ou non le cri d'alarme du petit, l'enfant apprend le mot « lapin », et Changeux renvoie à Saussure, Tomasello, Sperber et Wilson.

Restent les représentations symboliques, mythiques et religieuses, qui renforcent le lien social (Kropotkine) sans viser la vérité. Changeux voit dans le débat public et critique né en Grèce, et ailleurs, l'origine d'une connaissance scientifique révisable qui est selon lui « la seule connaissance authentiquement universelle ». Il appelle à universaliser aussi l'éthique, dans le prolongement de la Déclaration universelle de René Cassin, voire par un comité mondial d'éthique. Dans le débat, il affirme que la diversité est intrinsèque mais compatible avec l'accord, y compris en esthétique et en éthique. Il souligne que les capacités du cerveau sont limitées et améliorables d'abord par l'éducation et l'égalité d'accès au savoir, et réprouve toute sélection génétique. Il définit la liberté comme la capacité de choisir parmi des représentations en compétition, tout en reconnaissant avec Henri Atlan et Spinoza que nous ignorons les causes qui nous déterminent. Il défend les interfaces cerveau-machine à usage médical et souligne que l'évolution est buissonnante, la taille du cerveau néandertalien ne disant rien de son organisation.

Excerpts

Jean-Pierre Changeux sur la variabilité comme universel :

“je dirais même que cette variabilité fait partie intégrante des universau c'est un un universel à lui-même à lui seul qui permet l'évolution et qui évite que nous ayons à concevoir l'homme la nature l'univers dans un cadre fixiste comme l'était la Scala naturé”

Jean-Pierre Changeux sur le théorème de variabilité :

“un même message entrant peut je nai pas dit qu'il doit ou qu' toujours il ce sera le cas mais peut stabiliser des organisations connexionnelles différentes mais néanmoins conduire à une relation entre et sorti identique ça veut dire que en dépit euh d'un système nerveux variable d'un individu à l'autre on va arriver à construire de l'invariance”

Jean-Pierre Changeux en conclusion :

“j'ai essayé avec vous de chercher les universau de la pensée en partant des gènes et en arrivant à la recherche scientifique et j'ai essayé de vous montrer que la connaissance scientifique est à ce jour je n'hésite pas à le dire la seule connaissance qui soit authentiquement universelle”