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Core ideas
Un type d'habitat récurrent. L'orateur revient à l'échelle des fouilles pour examiner l'habitat « enclos » (établissements fossoyés d'un à trois enclos domestiques entourés de parcellaires et d'enclos agropastoraux), fréquent depuis six ou sept ans dans les découvertes d'archéologie préventive de Basse-Normandie et réparti de façon homogène dans les trois départements. Deux sites de la plaine de Caen, Cormelles-le-Royal et Éterville, occupés au VIIe siècle jusqu'au début du VIIIe, associent un enclos d'habitat à des enclos sans vestiges domestiques ; à Cormelles, un bâtiment sur fondation de pierre est le plus ancien du haut Moyen Âge en région. On y trouve fonds de cabane, pesons (activité textile), données carpologiques, anthracologiques et archéozoologiques, et coquilles révélant la consommation de produits de la mer.
Deux trajectoires. Dans la plaine de Caen, ces enclos s'effacent au tournant des VIIe-VIIIe siècles au profit d'habitats groupés (le village de Mondeville, fouillé par Claude Lorren, avec église, cimetière, grandes fermes carolingiennes et occupation très longue), alors que dans la partie armoricaine (bocage, Avranchin, site de Plomb), l'habitat dispersé de type enclos se maintient jusqu'à l'époque moderne et contemporaine, préfigurant le « village éclaté » étudié par Daniel Pichot. L'orateur propose un modèle de flux et de reflux dans la longue durée, depuis l'âge du bronze (enclos de Mondeville publiés par Cyril Marcigny, mosaïque d'enclos à l'âge du fer, ferme romanisée aux Ier-IIe siècles), avec rupture entre les IIe-IIIe et le haut Moyen Âge, où l'on voit des habitats groupés (le site d'Eurovia), puis un large redéploiement des enclos au VIIe siècle. Son tableau avec Vincent Hincker oppose des enclos limités au VIIe siècle (tous dans la plaine de Caen) et des enclos de plus longue durée, jusqu'au Xe siècle (tous dans le massif armoricain).
Hypothèses. Les enclos mérovingiens relèvent d'une phase d'expansion agricole et d'un accroissement démographique, non d'un « misérabilisme » ; ce modèle récurrent appelle une analyse diachronique et interdisciplinaire à l'échelle des terroirs et des finages, pas seulement des habitats ; et les trajectoires divergentes seraient largement commandées par les systèmes agro-paysagers hérités de la protohistoire, qui ont posé les bases des paysages modernes. L'auteur reconnaît que le corpus est encore fragile et plaide pour des enregistrements plus systématiques, y compris hors site.
Excerpts
“« appartiennent à une phase d'expansion agricole et non à une forme d'établissement »”
“« Cette archéologie repose par définition sur des bases diacroniques interdisciplinaires »”
“« au tournant des 7e 8e siècles, ceux de la plaine de camp s'efface au profit d'un regroupement de la population »”