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Fuentes, Carlos

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Carlos Fuentes on 'The Literary Machine' by Italo Calvino and the Function of Literature

Andrea Cirla · Sep 7, 2024 · partial coverage

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Coverage note: full (environ dix minutes ; sous-titres YouTube automatiques en anglais, avec des erreurs de reconnaissance sur quelques noms)

Core ideas

Un tremblement de terre le jour de la mort de Calvino. Fuentes raconte avoir appris la mort de Calvino à Harvard, le 18 septembre 1985, par l'appel d'un journal bostonien : le même jour, un séisme de magnitude 8 détruisait une grande partie de Mexico, ville où, dit-il, la nature aime secouer l'histoire (conquête espagnole, arrivée de Madero). Il y voit les anciens dieux mexicains en colère contre la mort du fabuliste qui avait imaginé un entretien avec Moctezuma. Quatorze ans plus tôt, Calvino lui avait annoncé les conférences Norton, devenues les Leçons américaines.

La bonne et la mauvaise politique du roman. À partir de La Machine littérature, Fuentes retient la distinction de Calvino entre deux mauvais usages politiques du roman : répéter une vérité politique déjà établie, ou demander à la littérature d'illustrer des sentiments humains éternels, ce qui revient souvent au mélodrame, défini comme « la comédie sans humour ». La littérature sert la politique quand elle donne une voix à ceux qui n'en ont pas et un nom aux anonymes, ce qui convient à l'Amérique latine, longtemps réduite au silence littéraire, et qui n'a trouvé sa tradition, ibérique, juive, arabe, indienne et noire, qu'au XXe siècle. Le livre de Calvino l'a sauvé de la fausse alternative entre littérature vertueuse à portée politique et art pour l'art.

Un lecteur qui en saura plus que l'écrivain. La conception calvinienne repose sur une proposition : demain il y aura un lecteur, donc l'écrivain doit imaginer un lecteur plus savant et plus intelligent que lui. Calvino est l'écrivain du monde non écrit, de l'art de la lecture, de la parodie, du fragment et de l'inachevé ; son humour le préserve d'un livre parfait, qui serait un livre sacré et donc illisible, car il aurait toutes les réponses. Il offre l'œuvre ouverte (Si par une nuit d'hiver un voyageur, cité avec Umberto Eco), un livre qui est un événement continu et non un fait conclu.

Excerpts

“« politics is in need of literature when literature gives a voice to those who lack a voice »”

“« saved us from the Absurd dichotomy virtuous literature of political import versus sinful art for Arts sake »”

“« tomorrow there shall be a reader therefore the writer must imagine a reader more knowledgeable and intelligent than the writer »”