Le Goff, Jacques
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Core ideas
L'histoire, science des hommes en société dans le temps. Partant de Marc Bloch (l'histoire, « science dans l'enfance »), Le Goff situe la naissance de l'histoire comme discipline à la fin du XVIIIe siècle (Koselleck) et en rappelle la préhistoire (Hérodote, l'humanisme du XVIe siècle, La Popelinière). Il défend que l'histoire est une science (horizon de vérité, rationalité, règles vérifiables, recherche de régularités et non de lois) mais une science sociale, dans le temps, où hasard et nécessité se combinent, distincte de l'histoire comme « passé » et de l'histoire amateur ou bavarde. Il distingue l'historien professionnel (formation aux sciences auxiliaires, contact avec les documents) de l'amateur, sans mépris, mais au nom de la vérité de la discipline. Le fait historique n'est pas donné par les sources : il est construit par l'historien (Foucault : transformer les documents en monuments ; Veyne).
Les acquis et les impasses du XIXe siècle et des Annales. Le XIXe siècle a légué l'érudition (École des chartes, Monumenta), la définition de Fustel de Coulanges, mais aussi l'historicisme de Ranke, le positivisme (Langlois et Seignobos), l'idéologie du progrès et de la nation, et un Marx peu historien. Les Annales ont apporté l'histoire économique et sociale, le dialogue avec les sciences sociales, l'histoire globale, l'histoire-problème, les relations passé-présent, la longue durée (Braudel, que Le Goff nuance par une pluralité des temps), l'anthropologie historique, les mentalités, l'imaginaire. Il critique aussi les excès : les mentalités ou la culture érigées en causalité première, l'essoufflement après 1980 (Dosse, L'histoire en miettes). Il préfère parler de « mutation » plutôt que de crise.
Les retours et les tâches à venir. Cinq « retours » sont évalués : le politique (une anthropologie politique historique, avec symbolique et imaginaire, non un retour à l'histoire événementielle), l'événement (Nora et Revel), le récit (écriture de l'histoire, argumentation, preuve), la biographie (difficile, souvent médiocre, qui doit penser l'individu et refuser l'« illusion biographique » de Bourdieu), le sujet. Il avertit des dangers de la télévision, de l'histoire contemporaine envahissante, de l'industrie éditoriale. Ses tâches : une anthropologie historique, l'étude des temps et des espaces, la sémantique historique, une histoire des silences, l'informatique, l'histoire comparée « désoccidentalisée », la mémoire à séparer de l'histoire, l'avenir. L'historien doit s'engager comme citoyen plutôt que comme historien.
Excerpts
“« L'histoire est la science des hommes en société dans le temps. »”
“« En dehors de cette rationalité, l'histoire n'est que bavardage, fable et vaticination. »”
“« L'histoire est faite autant d'imaginaire que de réalité positive. »”