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Podcasts/Andrea Cirla/Mazon, Brigitte

Mazon, Brigitte

archiviste de l'École pratique des hautes études, responsable du fonds Lucien Febvre, éditrice de Lucien Febvre. Vivre l'histoire, Robert Laffont, collection « Bouquins », 2009

Lucien Febvre par lui-même. Vivre l’Histoire : portrait de l’historien des Annales

Andrea Cirla · Mar 14, 2025 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec de nombreuses déformations de noms et des phrases décousues)

Core ideas

Un historien « combattant ». Mazon présente Lucien Febvre (1878-1956) comme un historien libre et organisateur, qui voulait une histoire « totale mais pas totalisante » et lança en 1941 la formule « vivre l'histoire » dans une conférence aux normaliens. Elle décrit l'édition du volume : Combat pour l'histoire (1953, recueil des textes les plus militants, composé par Febvre lui-même, avec son propre index) et Pour une histoire à part entière (ordonné par Braudel), soit 126 articles sur environ deux mille titres, dont l'unité est l'écriture, « stimulante » et jamais abstraite. Le fonds d'archives, « organique », contient dessins, cartes, fiches sur la Franche-Comté et le XVIe siècle, carnets de guerre et correspondance.

Parcours : de l'engagement de jeunesse à l'institution. À vingt ans, normalien, il adhère en 1905 au Parti socialiste unifié, proche d'un syndicalisme d'action directe, et cite Michelet (« ce sont les faits qui créent l'avenir ») ; sa thèse, Philippe II et la Franche-Comté (1911), est une histoire régionale ancrée dans la géographie de Vidal de La Blache, qui annonce celle de Braudel. Mobilisé comme commandant d'une compagnie de mitrailleurs (carnets, croquis, listes de morts), il enseigne ensuite à Strasbourg, où il rencontre Marc Bloch, publie La Terre et l'évolution humaine et son Luther (1928), puis fonde avec lui les Annales en 1929. Élu au Collège de France en 1933, il dirige l'Encyclopédie française, puis la VIe section de l'EPHE (avec Charles Morazé), et entre à l'Académie des sciences morales et politiques en 1949.

Guerre, Bloch et postérité. Mazon rappelle que Bloch, juif, fut exclu de la fonction publique, entra dans la Résistance et fut fusillé en 1944, alors que Febvre resta à Paris et dans le Jura, travaillant « comme antidote à ses angoisses » ; elle conteste catégoriquement l'accusation d'accommodement avec Vichy formulée dans les années 1990, qui n'aurait aucune preuve. Elle s'interroge sur l'éclipse du nom de Febvre : pas d'établissement scolaire ni de rue à son nom. Le dernier texte lu (1954) appelle à ne pas abandonner les sciences humaines et se termine par Pascal : le personnage est donné, mais le jouer bien dépend de soi.

Excerpts

“« entre l'action et la pensée il n'est pas de cloison il n'est pas de barrière »”

“« ce ne sont pas les doctrines pures ce ne sont pas les institutions ce sont les faits qui créent l'avenir »”

“« c'est pas le pouvoir qu'il aime c'est c'est pas les honneurs qu'il aime c'est pouvoir agir »”