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Podcasts/Andrea Cirla/[Not Set]

[Not Set]

Un seul intervenant principal, un conférencier non nommé dans les sous-titres (ancien militant de Pouvoir ouvrier, qui a connu personnellement Vega et Castoriadis). Le public intervient à peine (un « Jean-Pierre » est cité). Les sous-titres sont automatiques, donc approximatifs sur les noms et certains titres.

➊ Socialism or barbarism: a perspective from the vanguard

Andrea Cirla · May 1, 2024

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Core ideas

Cette première séance ouvre un cycle de cinq séances consacrées à l'histoire du groupe Socialisme ou Barbarie, que le conférencier présente comme une « avant-garde » politique et intellectuelle de l'après-guerre : un groupe qui casse les codes de l'extrême gauche (trotskisme, communisme de conseils, bordiguisme) tout en se réclamant du marxisme comme « bloc de granit ». Il explique vouloir écrire l'histoire du collectif, et pas seulement de la revue ou des figures célèbres, en s'appuyant sur les bulletins intérieurs, les procès-verbaux et des portraits de militants. Il passe en revue la bibliographie existante (le livre de Philippe Gottraux, de lecture bourdieusienne, la thèse de Marie-France Raflin, de lecture aronienne, qui insiste sur le registre religieux, « Dieu caché » de Debord compris) et raconte la réception très tardive et mythique du groupe : peu de lecteurs en 1949 (quelques centaines d'exemplaires contre 100 000 pour La Nouvelle Critique du PCF), une première reconnaissance en mai 68 via Vidal-Naquet et Cohn-Bendit, un « effet goulag » ensuite, puis la publication par Lefort et Castoriadis de leurs propres textes (avec deux livres annoncés et jamais publiés, sur l'impérialisme et la guerre et sur la dynamique du capitalisme).

Le décor est celui des revues engagées de 1949 (la revue du PCF, Esprit, La Table ronde, Les Temps modernes). Le conférencier retrace l'itinéraire de Claude Lefort (frère de Bernard Lefort, élève de Merleau-Ponty, devenu trotskiste, auteur d'articles polémiques dans Les Temps modernes sur Daniel Guérin, l'affaire Kravchenko et, plus tard, une rupture avec Sartre) et celui de Cornelius Castoriadis (né à Istanbul en 1922, grec, traducteur de Weber, arrivé en France en 1945 et expert puis directeur d'études à l'OCDE, d'où ses pseudonymes, dont Chaulieu, emprunté à Balzac). Ils forment au sein du PCI une tendance d'une cinquantaine de membres, puis quittent le trotskisme en 1949.

Au centre de la séance : l'analyse de l'URSS. Contre Trotski (la bureaucratie comme couche parasitaire d'un État ouvrier dégénéré), Chaulieu affirme que la bureaucratie dispose des moyens de production, gère le procès de travail et décide de la répartition du produit social : elle est donc une classe exploiteuse ancrée dans les rapports de production. Il préfère l'expression « capitalisme bureaucratique » à « capitalisme d'État », et écarte aussi le « collectivisme bureaucratique » de Bruno Rizzi. Le conférencier insiste sur l'influence du groupe américain de C.L.R. James (Johnson-Forest) et du texte de Paul Romano, L'ouvrier américain : la contradiction fondamentale du capitalisme moderne serait dans le procès de travail, où la direction doit à la fois réduire les salariés à l'exécution et s'appuyer sur leur initiative collective, ce qui engendre une « contre-gestion fragmentaire » et fonde la notion d'autonomie. Il rappelle aussi la thèse initiale de la concentration du capital menant à une 3ᵉ guerre mondiale, la double bureaucratisation (entreprises, État, syndicats) à l'Ouest et la fusion totale État-bureaucratie à l'Est, et note que d'autres membres (Souyri) ont ensuite contesté cette thèse. Le manifeste du numéro 1 réclame la gestion ouvrière et des conseils de travailleurs.

Enfin, il rappelle que le groupe n'est pas qu'une revue : comités de lutte et grève de 1947 chez Renault (Pierre Bois, Hirzel), comités de gestion de Marseille en 1947 (les travaux de l'historien Mencherini), et une conception du prolétariat qui inclut les travailleurs intellectuels. Il annonce les séances suivantes (1953-1957 : Berlin-Est, Hongrie, « contenu du socialisme » ; 1958-1960 : guerre d'Algérie, gaullisme, scission de Lefort et naissance de Pouvoir ouvrier ; puis les rapports avec les libertaires, les situationnistes, dont Debord, membre un an et resté anonyme, et avec les intellectuels).

Excerpts

“il y a des tas de gens qui ont défendu la thèse du capitalisme d'État mais ce n'était pas le cas du groupe socialiste barbarie qui défendait la thèse du capitalisme bureaucratique euh bon je vais vous essayer de vous expliquer la nuance hein euh Chaulieu il dit au passage j'ai toujours éusé le terme de capitalisme d'État appliqué à la fois parfois à l'est et à l'ouest et surtout à l'est parce qu'il implique en gros une identité de fonctionnement de l'économie”

“donc je répète la bureaucratie dispose des moyens de production elle gère le procès de travail et elle décide de la répartition du produit social donc c'est pas une couche parasitaire comme Trotsky l'a développé dans la révolution trah elle est ancrée dans les rapports de production”

“la contradiction fondamentale c'est donc pas l'anarchie du marché pas ça la contradiction fondamentale à l'heure de sa double bureaucratisation c'est que dans le travail dans le procès de travail là où sont les gens la direction bureaucratique doit conformément à son objectif qui est un objectif de productivité de hausse de productivité de hausse de rendement hein rationalisé et ça passe par la quantification de toutes les activités productives”