Casagrande, Carla & Pysiak, Jerzy & Klaniczay, Gábor & Monnet, Pierre & Geary, Patrick
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Core ideas
La table ronde fait le tour de la réception de Jacques Le Goff pays par pays. L'animateur ouvre par l'anecdote d'une étudiante à Bologne, le 1ᵉʳ avril 2014, qui a annoncé la mort de l'historien alors que « tous les journaux italiens » lui rendaient hommage, et rappelle son engagement européen (préface de Faire l'Europe). Carla Casagrande explique que l'Italie a traduit Les intellectuels au Moyen Âge dès 1959 (plus de 30 éditions) : le livre a résonné avec la question gramscienne des intellectuels et avec une génération d'étudiants des années 1970, tandis que ses recueils sur l'anthropologie historique et la culture populaire ont trouvé un public lié à la tradition italienne (de Martino, Calvino, Ginzburg), et que La naissance du Purgatoire a touché une culture catholique par son lien avec Dante. Elle parle d'une « empathie » entre Le Goff et les Italiens.
Jerzy Pysiak rappelle que la Pologne était absente de la médiévistique française avant Le Goff, qui l'a introduite dans sa réflexion sur l'Europe médiévale ; les échanges, nés autour de Braudel et de Geremek, se sont faits par des traductions (d'abord quelques rares textes sous le communisme, le reste après 1989), des doctorats honoris causa, des cours réguliers à Varsovie jusqu'en 1995 et son soutien aux universitaires engagés politiquement. Gábor Klaniczay montre que les liens avec la Hongrie, plus modestes, ont commencé dans les années 1960 sous l'impulsion de Braudel puis de Le Goff : colloques franco-hongrois (1977 Tihany, 1980 Mátrafüred), débat suscité par son questionnaire sur les ordres mendiants, utilisation paradoxale par le parti de la traduction des Intellectuels pour contrer des écrits dissidents, puis soutien au Collegium Budapest et défense de ses financements en 2008 et 2011. Il souligne sa vision d'une seule Europe, à intégrer avec ses périphéries plutôt qu'à comparer à un modèle « évolutionniste » (contre les « trois Europes » de Jenő Szűcs).
Pierre Monnet décrit en Allemagne une réputation publique forte (nécrologies de 2014, collection Faire l'Europe chez Beck, « Europäer ») mais une réception académique plus lente et plus différenciée : 30 ans entre Les intellectuels et leur traduction, une accélération à partir de 1985-1990, des « blocages » dus à la priorité donnée à l'après-1945, à l'histoire régionale et nationale, et à la division de l'Allemagne. Il relève aussi que le Hochmittelalter commandé en 1965 n'est pas une copie de la Civilisation de l'Occident médiéval mais une recréation plus européenne. Patrick Geary montre que le monde anglo-saxon a été plus critique, surtout au Royaume-Uni (attachement à l'empirisme ou au marxisme ; critiques de Maurice Keen ou d'Eamon Duffy), tout en citant des lecteurs plus favorables (Robert Bartlett, Lester Little, Julius Kirshner, Roberto Lopez, jusqu'à l'éloge de Saint Louis par William Chester Jordan). Le film de Bernard Jussen, enfin, compare les 17 éditions de L'Europe racontée aux jeunes : l'auteur n'a pas choisi les illustrations, ce sont les éditeurs qui accentuent tel thème (le schisme de 1054 plutôt que la Réforme, Guillaume Tell, des manières très différentes de représenter la Shoah, des cartes d'Europe variables).
Excerpts
“il y a quelque chose de plus que l'admiration d'un auteur de valur par son public il y a une syntonie mieux une empathie entre les gooff et les Italiens de la de laquelle je pense il est important de reconnaître la nature et les causes”
“pour Le Goff en revanche il n'y avait qu'un seul Europe qui s'étendait de l'ultimatoua jusqu'à la Terre Sainte de Santiago de Compostella aux horizons hériqu orientaux des terres des cien feroc l'Europe était à faire et à refaire non pas en comptant des défections des périphéries internes et externes mais plutôt en les intégrant et en appréciant leur différence”
“le Jacques leegof allemand est avant tout un Jacques leoff européen de l'autre côté dur Rin artile préface couverture des traductions toutes insiste sur l'Européen passionné convaincu d'un continent qu'il avait lui-même arpenté”