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Marcuse, Herbert

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Marcuse 一 La liberté et les impératifs de l'histoire

Andrea Cirla · Aug 9, 2024 · partial coverage

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Coverage note: full (environ trente et une minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec quelques erreurs de reconnaissance sur des noms propres et une voix de présentation qui se mêle à la lecture)

Core ideas

Y a-t-il des « impératifs de l'histoire » ? Marcuse commence par refuser les présupposés de la formule : il n'y a pas de lois historiques gouvernant l'évolution vers plus de liberté. Les impératifs sont d'abord des nécessités de l'action individuelle, liées à des fins (César franchissant le Rubicon), mais l'exemple de la transformation de la République en empire illustre la « ruse de la raison » de Hegel, que Marcuse juge discutable : l'idée de progrès historique paraît même « épouvantable » vu du monde extérieur aux sociétés industrielles avancées. Il propose de s'en tenir à un fait : l'existence humaine est conservation et croissance, y compris des besoins, et cette dynamique appelle la transformation des institutions, sans connotation morale ni téléologique.

La liberté comme négation, « socialisme ou barbarie ». La liberté, jusqu'ici, n'a jamais été une réalité historique complète : la liberté de choix existe dans un cadre de répression. Chez Marx, elle apparaît d'abord comme négation, et les conditions sont objectivement ambivalentes : elles offrent la libération ou une servitude plus profonde (la « vaste prison confortable » de Weber). Le progrès technique, dans le capitalisme, crée les conditions de la liberté tout en minant ses fondements, car il exige l'augmentation constante des besoins et des marchandises, notion d'« insatiabilité » que Marcuse range dans l'arsenal de la domination. Le progrès quantitatif ne devient qualitatif qu'avec une transvaluation des valeurs, une nouvelle rationalité et sensibilité.

Le sujet, le « grand refus » et la jeunesse. Marcuse définit l'essence de la liberté comme la faculté de refuser l'univers donné de l'expérience, de comprendre le monde pour le changer, et propose le modèle kantien pour une « construction politique de l'expérience », où le monde entier apparaît comme monde politique. L'impératif révolutionnaire est un impératif moral et intellectuel, qui s'adresse d'abord aux victimes du système (colonisation interne et externe), tandis que les sociétés d'abondance, dont les libertés militent contre l'autodétermination, risquent une « barbarie achevée ». Il juge fantaisiste l'idée que le tiers monde libérerait le premier monde, et espère un nouveau sujet : les cadres de l'intelligentsia technique et scientifique, les écoles, les universités, la jeunesse non intégrée, les minorités opprimées, une prise de conscience déjà en cours chez la jeunesse militante.

Excerpts

“« la liberté n'a jamais été une réalité historique jusqu'à ce jour »”

“« les conditions régnantes sont objectivement ambivalentes »”

“« comprendre le monde afin de le changer »”