Cohen-Solal, Annie
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (environ dix minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec quelques erreurs de reconnaissance, par exemple sur le nom de l'éditeur américain, écrit « chifffrine »)
Core ideas
Une biographie née d'une commande américaine. Cohen-Solal raconte quatre ans de travail, trois ans et demi presque à plein temps. L'idée vient d'un éditeur américain d'origine française, qui ne trouvait personne pour écrire sur un Sartre « vieux, mourant, aveugle » et passé de mode ; il l'a repérée grâce à son premier livre, consacré à Paul Nizan en 1980. Elle dit avoir d'abord été terrorisée. Elle avait rencontré Sartre à vingt ans, le trouvant sympathique, émouvant, très petit, et sans prétention : il se prenait pas pour Jean-Paul Sartre ; l'entourage de Sartre l'a encouragée à le critiquer, par exemple sur son père.
Sartre et les femmes. Interrogée sur les relations de Sartre avec les femmes, elle les décrit comme très compliquées : il avait des liaisons partout et ne savait pas rompre, proposant à ses compagnes une assurance de vie, des droits d'auteur, des cadeaux et une visite hebdomadaire. Sa vie amoureuse se transformait en vie professionnelle : ces femmes devenaient interprètes, traductrices, collaboratrices ou actrices. Elle y relie une scène d'enfance : enfant unique, il séduisait les petites filles du jardin du Luxembourg avec ses marionnettes et, toute sa vie, il a séduit en écrivant des pièces pour elles. Ses liaisons étaient cloisonnées, Simone de Beauvoir les connaissant toutes sans les fréquenter.
Un génie sûr de lui, détruit à la fin. Selon elle, Sartre ne se laissait pas influencer : dès l'enfance et à l'École normale supérieure, il était certain de son génie, « sans dériver d'un pouce ». Devenu aveugle à l'automne 1973, après son Flaubert, il a passé sept ans sans pouvoir écrire ni lire, dépendant de son entourage, et le cloisonnement de ses relations s'est effondré. Elle juge ses derniers textes discutables, passés par des intermédiaires, un homme physiologiquement détruit par les amphétamines, et fait de lui un mégalomane d'un orgueil fou qui voulait dévorer le monde.
Excerpts
“« il a labouré le même sillon je crois il a été mû très tôt et toute sa vie le même sillon sans dériver d'un pouce »”
“« j'étais l'exclu des jardins un public »”
“« comme Bethoven qui était compositeur sourd Sart était écrivain aveugle »”