Delon, Alain
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Core ideas
Une légende à démythifier. L'animateur remarque que Delon, très célèbre, reste peu connu, et qu'il déteste les interviews. Delon assume une agressivité qu'il décrit comme une défense instinctive (« attaquer pour se défendre »), un mauvais caractère, un tempérament peu ouvert, notamment vis-à-vis des inconnus dans la rue, dont il s'excuse. Il juge qu'il vaut mieux avoir un mauvais caractère que pas de caractère du tout, accepte le mot de « star » (rare, dit-il, face à beaucoup de vedettes) et attribue plutôt à Visconti la phrase d'une anthologie sur son rôle dans Le Guépard. Il parle aussi de ses regrets : L'Étranger de Camus, qu'il devait faire avec Visconti avant que le producteur ne choisisse Mastroianni, et le rôle de Bonaparte dont il rêve.
Acteur, producteur, promoteur. Pour lui un acteur reste « un interprète », et il a trouvé sa création dans la production, qu'il conçoit à l'américaine (suivre un projet de l'idée à la sortie) : acheter les droits, choisir le metteur en scène, le scénariste et les acteurs, avec Borsalino et Flic Story pour exemples. Interrogé sur la peine de mort après Deux hommes dans la ville, il répond qu'il n'y est pas « résolument » opposé et qu'en tant qu'interprète il joue le jeu à fond, sans que ses opinions politiques n'entrent en compte. Au théâtre, il cite deux expériences, avec Visconti et Romy Schneider puis avec Marie Bell, et dit ne pas pouvoir se contraindre à jouer trois cents soirs de suite.
Visconti et Clément, la vie à toute vitesse. Delon décrit sa carrière comme un immeuble dont les bases lui viennent de Visconti (Rocco et ses frères, 1960) et de René Clément (Plein soleil, même année), qu'il considère comme les meilleurs directeurs d'acteurs. Il refuse d'être metteur en scène : on ne peut pas faire trois métiers bien à la fois, et chaque film avec un grand cinéaste lui rappelle qu'il ne ferait pas aussi bien. Hollywood l'a peu marqué sinon par la naissance de son fils ; il aime les chevaux, les affaires et les passions qu'il brûle pour en prendre d'autres, moins pour la notoriété que par « besoin de vivre », sachant que la mort est la seule certitude. Il rappelle aussi avoir tourné pour de bon, à vingt-cinq ans, le combat de boxe de Rocco au Vigorelli, devant quatre à cinq mille personnes.
Excerpts
“« il vaut mieux avoir un mauvais caractère que pas de caractère du tout »”
“« j'ai toujours dit que je n'avais pas le temps de perdre de temps »”
“« un acteur reste restera toujours un interprète aussi superbe soit-il dans son interprétation »”