Negri, Toni
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Core ideas
Extrémisme prolétaire plutôt que terrorisme. Negri propose de parler, pour les années 1970 en Europe (Brigades rouges, Fraction armée rouge, Mouvement du 2 juin, Prima Linea), non de terrorisme mais d'« extrémisme » : une radicalisation de la lutte des classes, née de la rupture du rapport de classe, que les accords syndicaux et politiques ne contenaient plus. En Italie, les cadres venaient des usines (sabotage, rejet des machines), dans un contexte d'immigration interne et de transformation rapide de la classe ouvrière (Turin dont la population double). La fin de la centralité de l'usine, l'automatisation et l'informatisation, et la crise de la représentation politique de la classe ouvrière sont, dit-il, au fond de l'affaire. Le seul vrai terrorisme, affirme-t-il, a été celui de l'État, avec les attentats à partir de décembre 1969 en Italie, dont les auteurs n'ont jamais été identifiés.
L'Allemagne et ses lectures. Revenant sur l'Allemagne, il juge que le nazisme y avait été réduit à Hitler, sans interroger la société ni le capitalisme allemands, et que la réforme universitaire avait laissé intactes les disciplines classiques. Il récuse en partie trois traits attribués à l'extrémisme allemand : le « petit-bourgeois intellectuel » (il y voit plutôt le précariat cognitif naissant), le tiers-mondisme (qu'il dit pourtant comprendre) et l'avant-gardisme (hybride, léniniste). Il dit avoir lutté contre la conception militaire avant-gardiste de la lutte des classes, tout en refusant de réduire ces groupes à des monstres, et voit dans leur campagne contre les journalistes le symptôme de la naissance d'une « quatrième force » institutionnelle, l'opinion publique organisée.
Aujourd'hui : classe, précarité, mouvements. Pour Negri, les programmes naissent dans le mouvement, on ne peut reprocher à 68 de n'en avoir pas eu, et le Parti communiste italien a combattu 68 parce qu'il y voyait la ruine du socialisme. Il juge l'affaire de Tarnac ridicule et exemplaire de l'État français plus que de la société, et note que le mouvement universitaire italien « Onda », la poussée vers le revenu garanti et la précarité intellectuelle dessinent une situation postindustrielle. Le problème actuel est selon lui d'analyser la lutte de classes quand la classe ouvrière n'est plus industrielle : quelle composition politique, quelle idée de parti ?
Excerpts
“« c'était le terrorisme d'État »”
“« Le programme né dans le mouvement »”
“« je crois encore que la loute de classe est la clé du développement historique »”