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Eco, Umberto

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Umberto Eco – "The Mysterious Flame of Queen Loana" (2005)

Andrea Cirla · Aug 15, 2023 · partial coverage

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Coverage note: full (environ sept minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance)

Core ideas

Un roman sur la mémoire publique. Eco présente La Mystérieuse Flamme de la reine Loana : Yambo, un homme d'une soixantaine d'années, sort d'un coma sans mémoire biographique mais avec sa mémoire sémantique, c'est-à-dire publique. Son personnage garde donc la mémoire sémantique et perd la biographique, au point d'ignorer son nom et ses filles. La quête qui suit n'est pas proustienne : il ne descend pas en lui-même, il remonte au grenier de son grand-père, où se trouvent les livres de son enfance, les journaux des années 1930-1940 et les disques, et reconstruit sa mémoire sur celle de sa génération. Eco insiste : ce livre n'est pas autobiographique, c'est la biographie d'une génération.

La petite histoire vaut la grande. En rapprochant les dates, Eco a découvert que sa génération avait subi une double influence : d'un côté la gloire, la beauté de la mort, la victoire et le nationalisme fascistes ; de l'autre les petites chansons de variété et l'idéal du petit employé italien. Il se réfère à l'école des Annales, qui s'intéresse à la vie quotidienne plutôt qu'aux grandes batailles. Il évoque aussi la guerre, vécue avec peur par les amis comme par les ennemis, et la bande dessinée américaine, dont le fascisme interdit les bulles en 1942 et renomma les personnages ; il en retient la révélation de la liberté de la presse à travers un Mickey journaliste.

Écrire par plaisir, l'amour et la poésie. À la question sur le plaisir d'écrire, Eco répond qu'« il faut s'amuser, sinon... » et affirme que la poésie n'est pas l'expression mais la fuite des émotions : pour raconter un amour ou même un désespoir, il faut les objectiver. Il distingue faire l'amour, acte biologique et automatique que le corps retient (la formule de la brosse à dents), et aimer, construction lente à travers laquelle Yambo retrouve sa femme. Il explique aussi que la blonde était un mythe cinématographique des années 1930-1940 et que, par exigence artistique, il fait devenir blonde la jeune fille du lycée.

Excerpts

“« mon personnage garde la mémoire sémantique et perd la mémoire biographique »”

“« j'insiste sur le fait que ce livre ce n'est pas autobiographique mais c'est la biographie des générations »”

“« si on s'amuse pas à écrire il ne vaut pas la peine d'écrire »”