[Not Set]
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (environ vingt-cinq minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance sur les noms propres et des citations latines brouillées ; un exemplier de textes est évoqué sans être lu)
Core ideas
L'épisode de Thésée dans la Thébaïde. Au livre XII, Stace montre Thésée, de retour de sa victoire sur les Amazones, répondre à l'appel d'Argie, femme de Capanée, et marcher contre Créon, qui interdit la sépulture des Argiens. La critique y voit souvent un pacificateur et héros stoïcien de la clementia (contre l'autel de la Clémence décrit juste avant) ; d'autres, surtout depuis le commentaire de Parkes (2004), y notent des ambiguïtés sur le pouvoir impérial de l'époque. Sa lecture stylistique cherche les effets poétiques de cette ambivalence.
Une colère juste, mais des indices troublants. Le récit est une succession de discours (la demande d'aide, la réponse de Thésée, l'exhortation aux troupes, les menaces de Créon, l'allocution finale), et la colère « juste » de Thésée (iusta ira) est liée à la défense d'une norme, la sépulture. Mais la jeune chercheuse relève des signes de trouble : Thésée aurait enlevé Hippolyte plutôt qu'Antiope (modification de la tradition), l'union « ennemi et époux » évoque les mélanges de sang familiaux du poème ; Argie parle de venger les siens (« cette vengeance vous appartient »), à l'image de Capanée, héros de la furor démesurée ; Thésée, dans la tragédie grecque (Euripide), ne consent à la guerre qu'après de longues prières, alors que Stace le rend immédiatement prompt au combat ; la comparaison avec le taureau qui reprend l'attaque et « cache ses gémissements » reprend celle de Polynice et Étéocle, les frères ennemis. Le messager de Thésée porte un rameau d'olivier de paix mais médite la guerre. La clementia, expression ultime de la souveraineté, est un paradoxe : elle limite un pouvoir illimité tout en l'accroissant, comme dans l'exil d'Ovide, et se prête à une rhétorique de la dissimulation.
Conclusion et discussion. L'impossibilité d'une lecture unique : la fin de la Thébaïde ne rétablit pas un ordre mais problématise le risque de l'autocratie, voilé sous le mythe, à l'époque domitienne. Aux questions (la iusta ira opposée au furor ? Aristote et la bonne colère ? « qu'est-ce qu'une colère juste ? »), elle répond en renvoyant à Sénèque (De ira, le bellum iustum) et en soulignant le brouillage entre ira et furor chez Stace ; la présidente évoque aussi les figures personnifiées de la colère (Érinyes, Furies).
Excerpts
“« quelle limite aura donc cette violence »”
“« l'impossibilité d'une lecture unique de cet épisode du livre 12 »”
“« il s'enfléchit vers une rhtorique de la dissimulation »”