Matejić, Predrag
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques en anglais, accurate, avec des erreurs sur les noms propres slaves et grecs : « Mandorf » pour Meyendorff, « Floroski » pour Florovsky)
Core ideas
Cyrille, Méthode et l'alphabet glagolitique. Matejić suit trois moments de la relation des Slaves à l'héritage byzantin, d'après le P. Meyendorff : la conversion (Cyrille et Méthode), la conversion de Vladimir à Kiev et la crise des XIVe-XVe siècles. Il soutient que l'alphabet glagolitique est l'œuvre d'un seul homme, Constantin-Cyrille, et que la première lettre, proche du aleph hébreu (savoir) et en forme de croix (promesse de résurrection), nommée az (« je »), exprime la sagesse (Sophia) et le salut de l'individu ; l'alphabet entier (az, buki, vedi : « je connais les lettres, je suis lettré ») convertit les Slaves par l'alphabétisation. Boris-Michel de Bulgarie choisit Constantinople plutôt que Rome, et l'alphabet fleurit en Bulgarie après l'échec de la mission occidentale.
Le « silence intellectuel » de la Rus' et le choix du tsar Syméon. Francis Thomson et Simon Franklin ont montré que Kiev et la Rus' n'ont presque rien traduit de philosophie ni d'histoire profane grecque, et que l'héritage reçu était d'abord celui des compilations bulgares (le Kniga, l'Izbornik de 1073 et de 1076). Matejić écarte l'idée que les Slaves n'avaient ni le vocabulaire ni le savoir : le tsar Syméon, formé à Constantinople, aurait « consciemment rejeté » l'héritage païen, comme le montre l'absence du Discours aux jeunes gens de Basile le Grand dans le Kniga ; il y voit « la raison du silence » dont parlait Florovsky, sans pouvoir le prouver, peut-être par ascétisme monastique et par l'exemple de son frère Vladimir, apostat. Dans le dialogue, il refuse que ce soit contredit par l'adoption de la liturgie néosabaïte de Cyprien de Kiev ou de la réforme de Nikon : les Slaves faisaient alors encore partie du « Commonwealth byzantin » et la Russie était « comme l'Australie ».
Après 1453 : orthopraxie, imprimerie, vieux-slavon. Après le concile de Florence (1438-1439) et la chute de Constantinople (1453), le Russes y voient un châtiment divin ; la Russie, seule libre, doit rester dans la grâce : un repli sur soi, une orthopraxie aussi importante que l'orthodoxie (Domostroï, pénitentiels plus sévères, conciles du XVIe siècle, Stoglav 1551, prise de Kazan 1552). L'imprimerie assure l'uniformité et crée un nouveau vieux-slavon russe qui domine la langue littéraire des Slaves orthodoxes ; le monachisme russe (dix mille moines au Mont-Athos en 1912) et l'aide matérielle expliquent l'influence de l'Église russe, interrompue par le régime soviétique et regagnée depuis 1992.
Excerpts
“« the Slavs did not accept but actually consciously rejected a substantial portion of the Byzantine legacy »”
“« Zar Simeon is the reason for the silence referred to by Father Floroski in 1937 and again in 1962 »”
“« Orthoprais became as important as Orthodox »”