MNEMOSYNEv0.1.2563

Podcasts/Andrea Cirla/[Not Set]

[Not Set]

un philosophe, non nommé dans les sous-titres, qui travaille à actualiser le projet « monadologique » (il parle de « néomonadologie ») à partir de Deleuze ; il évoque des échanges avec des collègues prénommés Patrice et Pierre

La nature est elle impersonnelle ? Une typologie des singularités chez Deleuze

Andrea Cirla · Jul 14, 2024 · partial coverage

▶ Watch on YouTube

Coverage note: full (environ trente-deux minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec des erreurs de reconnaissance sur des noms et quelques termes techniques)

Core ideas

Deux régimes d'événementialité. L'orateur propose de lire Deleuze, plus souvent lu à travers Spinoza ou Bergson, par le prisme de Leibniz (Le Pli) et d'une distinction entre deux régimes d'événements. Les premiers sont spatio-temporels (une pyramide, un rocher, un concert, une vie), les seconds sont les « vrais événements transcendantaux », les singularités, c'est-à-dire des points de bifurcation, de changement d'état, de condensation, et non les états eux-mêmes (une joie, une maladie). Dans tout événement spatio-temporel, on peut dégager une « surface métaphysique » de singularités, qui ne se confond ni avec la personne qui parle, ni avec l'individu désigné, ni avec le concept universel.

Une métaphysique construite, non intuitive. Il répond à trois objections (contradiction d'une métaphysique de ce qui échappe au concept, définition seulement fonctionnelle venue de Simondon, statut local de la singularité). Pour Deleuze, la singularité est a-conceptuelle et sans exemple empirique, et l'on ne peut la saisir par l'intuition bergsonienne ni par la sympathie : la méthode est « problématique » et constructiviste, un espace abstrait que les mathématiques ou Whitehead illustrent. Il en tire que cette surface est « d'autant plus réelle qu'elle est plus construite ».

Trois composantes d'une singularité. Chez Deleuze, une singularité est d'abord une activité pure, une « préhension » (au sens de Whitehead) : un point local qui capture l'univers (« quarante siècles vous contemplent »). Elle est ensuite une sorte de sujet « de la nature », non anthropologique, avec une « jouissance de soi » qui parcourt les hommes, les plantes et les animaux. Elle est enfin un bloc de devenir, ni instantané ni continu, un « quantum » de subjectivité, qui ne varie ni ne dure mais produit des variations et des durées. L'orateur y voit une façon de rendre sensible, sous l'apparente continuité lisse des événements, une multiplicité de petits points de bifurcation : un empirisme radical rejoint ici une pensée spéculative.

Excerpts

“« les singularités sont les vrais événements transcendantaux »”

“« c'est d'autant plus réel que c'est d'autant plus construit »”

“« dire qu'une singularité varie est totalement absurde »”