Sciascia, Leonardo
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (environ onze minutes ; sous-titres YouTube en anglais, apparemment traduits de l'italien, avec quelques tournures approximatives)
Core ideas
Mafia, Démocratie chrétienne, gauche. À la question de savoir pourquoi la mafia ne l'a jamais touché, Sciascia répond : « the mafia doesn't usually kill writers, you see, it kills judges » ; elle ne commet pas de crimes gratuits et ne craint pas la littérature, que personne ne prend au sérieux dans ce pays. Sans un parti comme la Démocratie chrétienne, la mafia aurait une existence plus précaire ; il parle moins de miroir que de connivence, la machine électorale de la DC en Sicile et dans le sud fonctionnant avec son aide. Il explique le recul électoral de la gauche en Europe par une boutade (« une horloge arrêtée a raison deux fois par jour, alors qu'une horloge qui donne l'heure fausse a toujours tort ») : la gauche est toujours arrivée en retard et sa vie est une succession d'aveux d'erreurs.
Écrivain et parlementaire. Il dit être au Parlement « comme dédoublé » : il continue d'observer comme écrivain tout en essayant de faire ce qui est possible, sans être inscrit au Parti radical, qui fait un énorme travail parlementaire que le pays ignore. Il pense qu'un gouvernement d'intellectuels, au sens de ceux qui comprennent la réalité, irait peut-être un peu mieux. À propos des jeunes bourgeois qu'il a décrits, il dit qu'il y a derrière les figures du premier plan toute une jeunesse que l'on ne connaît pas, peut-être meilleure.
Moro, la raison, ses maîtres. Sur l'assassinat d'Aldo Moro, il s'est intéressé au drame d'un homme trahi par ses amis, qui l'ont tué par le reniement et par le jeu pirandellien de dire qu'il était quelqu'un d'autre, alors que le Moro captif était parfaitement continu avec celui d'avant. À la question de savoir si la raison dort ou veille en Italie, il répond qu'elle dort au niveau de l'administration publique, de la presse et des médias, mais que des gens sont éveillés, sans compter, « comme les esclaves de Sénèque ». Parmi ses maîtres, il cite Pirandello et Brancati, puis Manzoni, un catholique très laïc qui, en se convertissant, a converti les Lumières. Il présente enfin son livre à paraître chez Sellerio, l'histoire d'un évêque sicilien écarté par la Curie dans les années 1946-57 pour n'être pas assez démocrate-chrétien.
Excerpts
“« the mafia doesn't usually kill writers, you see, it kills judges »”
“« In this country, after all, no one takes it seriously, so neither does the mafia. »”
“« they undoubtedly killed him through denial, through betrayal »”