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Core ideas
Histoire de la langue et de la littérature. Le premier intervenant précise : « la langue doc ou l'occita, c'est exactement la même chose », langue romane née entre le VIᵉ et le Xᵉ siècle, dont le premier texte est le poème de Boèce (IXᵉ-Xᵉ siècle). Elle se développe grâce aux troubadours dans toutes les cours européennes, puis la croisade contre les « albigeois » (1208-fin du XIIIᵉ siècle, avec la chute de Montségur puis de Quéribus et l'Inquisition) anéantit la puissance économique occitane et provoque un recul. Après des tentatives (Jeux floraux, au XIVᵉ siècle, ouvrages scientifiques), une renaissance se produit au XVIᵉ siècle (Goudouli, Larade, Garros, Gaillard et d'autres, avec une tendance protestante en Gascogne pro-Henri IV, catholique en Provence, et une poésie proche de Ronsard à Toulouse). Après la Révolution (qui traque les « patois » tout en traduisant ses décrets), Raynouard et Rochegude redécouvrent les troubadours, les « poètes ouvriers » (Jasmin) et Victor Gelu écrivent en langue d'oc, et le Félibrige (1854) fixe une graphie phonétique calquée sur le français. En 1945, l'Institut d'études occitanes (IEO), « produit non pas de la Résistance mais de la Libération » (le Félibrige ayant été ambigu sous Vichy), adopte la graphie classique inspirée des troubadours, due à Alibert.
Usages sociaux et dialectes. Un second intervenant nuance l'image de décadence : dès le XIIᵉ siècle, des chartes sont écrites directement en occitan à côté du latin, et la quasi-totalité des chartes privées du Sud-Ouest (arrêts du parlement de Navarre compris) l'utilisent du XIIIᵉ au XVᵉ ; la papauté d'Avignon l'emploie pour édifier les fidèles, des textes monastiques sont traduits pour les femmes. L'édit de Villers-Cotterêts (1539) ne fait que supprimer le latin : « Il va enteriner une situation qui commençait déjà à être présente », et le français ne s'impose dans les actes qu'à partir des années 1560 ; l'occitan reste la langue du peuple, utilisée par la Contre-Réforme (catéchismes, cantiques). Dialectes : gascon à l'ouest, nord-occitan et occitan central, subdivisés (niçois, alpin, languedocien, limousin, etc.), avec une forte intercompréhension ; le gascon se distingue par un substrat basque, des traits syntaxiques et phonétiques propres.
Traits linguistiques et situation actuelle. Traits romans : omission du pronom sujet (« parle »), diphtongues et triphtongues, accord du participe passé avec l'objet pour marquer l'insistance, place des adverbes, souplesse syntaxique, riche dérivation (préfixes et suffixes). Il préfère « graphie » à « orthographe », car la graphie de l'IEO admet la variation. Le constat sociolinguistique est pessimiste : à la campagne, les personnes âgées parlent mal et n'ont plus d'interlocuteurs, les jeunes ne le parlent plus, la transmission naturelle est devenue exceptionnelle ; une génération d'élèves apprend un occitan scolaire, « standard », coupé du vocabulaire paysan. Mais « à Toulouse, l'Occitant n'est pas du tout vécu comme une langue de vieux, mais au contraire comme une langue de jeune » (musique traditionnelle, bals, quartier Arnaud-Bernard avec Claude Sicre), grâce au conservatoire occitan et à un très grand nombre d'étudiants.
Excerpts
“« la langue doc ou l'occita, c'est exactement la même chose »”
“« Il va enteriner une situation qui commençait déjà à être présente »”
“« À Toulouse, l'Occitant n'est pas du tout vécu comme une langue de vieux, mais au contraire comme une langue de jeune. »”