Jacob, François
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Core ideas
La vie n'est pas une substance. Jacob retrace l'histoire de la biologie, apparue au début du XIXe siècle avec le romantisme, et affirme que « la vie est un processus, une organisation de la matière » : il n'y a pas de matière vivante, mais de la matière qui compose les êtres vivants, sans propriété particulière. Il explique la longue durée du vitalisme par l'insuffisance du modèle de la machine, rappelle la synthèse de l'urée par Wöhler en 1828, les théories des germes (Pasteur), cellulaire (Schleiden, Schwann) et de l'évolution (Darwin), puis la biochimie, la génétique, l'ADN (Watson et Crick) et la biologie moléculaire, qui explique les propriétés du vivant par la structure et les interactions des molécules.
Le bricolage moléculaire. Les chromosomes sont remaniés en permanence, et l'évolution est moins affaire de mutations successives que de duplications et de réassortiments de segments d'ADN : « faire du neuf avec du vieux », ce qu'il appelle le bricolage moléculaire, d'où « notre présence sur cette terre est le résultat d'un immense bricolage cosmique ». Les protéines sont des mosaïques de motifs de reconnaissance très conservés, des ensembles de gènes (syntagmes) et les gènes du développement (homéogènes) sont les mêmes de la mouche à l'homme, et les yeux d'insecte et de vertébré utilisent des gènes communs. Les virus ne sont pas vivants, faute d'équipement enzymatique propre.
L'origine de la vie et les limites de la science. Jacob expose l'énigme de l'origine : Pasteur a exclu la génération spontanée, Darwin pose un ancêtre commun, mais la formation de la première cellule suppose des milliers d'événements improbables (un monde à ARN précédant le monde à ADN). Il distingue trois positions (panspermie, apparition unique et probable seule, apparition inévitable et répandue), dit pencher pour la deuxième par goût et rappelle qu'il s'est toujours gardé de travailler sur l'origine de la vie. Il observe que la science moderne est née en remplaçant les questions générales par des questions limitées qui donnent des réponses de plus en plus générales, et que les chercheurs n'ont pas à définir la vie. Aux questions du public (mutation et duplication, prions, finalisme, mort, avenir), il répond avec humour qu'il ne sait pas prolonger la vie et qu'en matière de prévision « surtout pas : on est sûr de se tromper ». Il conclut sur la phrase de Malraux : « la vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie ».
Excerpts
“« la vie est un processus une organisation de la matière »”
“« notre présence sur cette terre est le résultat d'un immense bricolage cosmique »”
“« faire des prévisions surtout pas on est sûr de se tromper »”