MNEMOSYNEv0.1.2563

Podcasts/Andrea Cirla/[Not Set]

[Not Set]

pas d'invité dans la discussion : un narrateur d'émission commente le roman, avec des extraits lus de la traduction française (Jean-Noël Schifano, Grasset, 1980), un entretien d'archive avec Umberto Eco et un échange sur les livres entre des voix non identifiées

𝔏𝔢 𝔑𝔬𝔪 𝔡𝔢 𝔩𝔞 ℜ𝔬𝔰𝔢, le polar médiéval d'Umberto Eco

Andrea Cirla · Dec 15, 2023 · partial coverage

▶ Watch on YouTube

Coverage note: full (environ quarante et une minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec des erreurs de reconnaissance, et un passage de la lecture d'un cantique qui n'est pas transcrit fidèlement)

Core ideas

Un polar philosophique. L'émission présente Le Nom de la rose (1980), premier roman d'Eco, professeur de sémiotique, devenu un best-seller mondial. Le narrateur est Adso de Melk, novice allemand du XIVe siècle devenu disciple du franciscain Guillaume de Baskerville, croisement de Guillaume d'Ockham et de Sherlock Holmes. Eco explique qu'il n'a pas utilisé l'enquête policière comme un habillage : le roman policier est déjà un modèle réduit d'une fascination bien plus ancienne (Œdipe, la démonstration de l'existence de Dieu chez Thomas d'Aquin), la structure conjecturale de toute interrogation. L'intrigue se déroule en 1327, en pleine querelle entre l'empereur Louis de Bavière et le pape Jean XXII, dans une abbaye où meurt une série de moines.

La bibliothèque, le rire et le labyrinthe. Guillaume déduit par l'observation (le cheval de l'abbé, les fenêtres fermées de la tour) et se heurte à l'interdit de la bibliothèque, labyrinthe réservé au bibliothécaire et à son assistant. Le vieux Jorge de Burgos, bibliothécaire aveugle (clin d'œil à Borges), s'oppose à Guillaume sur le rire : outil de la raison pour le franciscain, signe de sottise et source de doute pour Jorge. La nuit, Adso explore la bibliothèque interdite, se perd dans des visions, puis rencontre une jeune paysanne ; celle-ci est ensuite livrée au tribunal de l'inquisiteur Bernard Gui, au cours d'un concile qui oppose partisans du pape et de l'empereur, et Guillaume ne peut la sauver.

Le dénouement : le diable, c'est la foi sans doute. Guillaume découvre que Jorge a tué pour protéger le second livre de la Poétique d'Aristote, consacré à la comédie, qu'il juge capable de légitimer le renversement des hiérarchies. Face à lui, Guillaume affirme : « Le diable est l'arrogance de l'esprit, la foi sans sourire, la vérité qui n'est jamais effleurée par le doute. » Le commentaire de l'émission voit dans Guillaume un esprit qui refuse l'intolérance et le fanatisme, convaincu qu'on ne comprendra jamais tout, mais qu'il faut continuer à comprendre pour arrêter quelques morts, et rappelle que les livres se répondent entre eux.

Excerpts

“« le roman policier en soi-même est déjà une espèce de modèle réduit d'une fascination bien plus ancienne »”

“« Le diable est l'arrogance de l'esprit, la foi sans sourire, la vérité qui n'est jamais effleurée par le doute. »”

“« On ne comprendra jamais tout, mais il faut continuer à essayer de comprendre pour arrêter, si c'est possible quelques morts. »”