Hoffmann, Philippe
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full - transcription automatique d'un séminaire d'environ une heure et demie, avec de nombreux termes grecs déformés.
Core ideas
Philippe Hoffmann soutient une thèse simple : pour les néoplatoniciens, les catégories d'Aristote doivent se comprendre de façon sémantique. Ce sont des « mots signifiants » simples qui visent, par la médiation des notions (noêmata) présentes dans l'âme et identiques aux signifiés, les dix genres « généralissimes » de la division porphyrienne. Ce sont aussi les termes de la proposition assertive (logos apophantikos), vraie ou fausse, brique première du discours de la science. Il procède par commentaire continu de trois textes. Le premier est le prologue du commentaire de Simplicius aux Catégories, le seul commentaire antique rédigé par le professeur lui-même. Il hérite de Porphyre (commentaire À Gedalios) et de Jamblique, avec peut-être des échos de l'enseignement de Damascius. Simplicius y écarte trois lectures unilatérales (les catégories comme simples mots, relevant de la grammaire, comme notions, relevant de la psychologie, ou comme genres, relevant de l'ontologie) pour un skopos synthétique. Chaque catégorie ramène une infinité de particuliers insaisissables à un genre suprême, comme l'ousia « la plus haute », signifié par un mot simple. Les catégories se distinguent de la grammaire des parties du discours (les conjonctions ne signifient aucun être, selon Boéthos). Aristote, lu comme un système synchronique, emploierait la même division partout, logique dans les Catégories, ontologique dans la Métaphysique.
Le cœur du texte replace le triangle sémantique du Peri hermeneias (mot, notion, réalité) dans le schéma de la procession et de la conversion. Dans l'intellect divin, réalités et intellection sont unies sans distinction, et « point n'est besoin du langage ». En descendant, l'âme sépare d'abord ses raisons (logoi), à la fois génératrices et cognitives, puis produit des notions accordées aux réalités. Tombée dans le devenir et « gorgée d'oubli », elle a besoin de l'ouïe et du langage proféré, limite ultime de son activité. Ce lien maintenu entre les trois termes rend possible la remontée. Le discours véridique et univoque du maître, qui a contemplé la vérité, met en mouvement les notions « étouffées » ou « refroidies » de l'élève et déclenche une anamnèse. Il crée une communauté d'intellection et les fait remonter vers l'union silencieuse du savoir et de son objet. Hoffmann y voit une description très précise de la communication pédagogique, presque une célébration du métier de professeur. Le commentaire des catégories devient alors, selon le mot d'Ilsetraut Hadot, un « exercice spirituel par écrit ».
Le deuxième texte, d'Ammonius sur l'Isagogè, expose la doctrine des trois états de l'universel par l'image d'une bague gravée du portrait d'Achille et de ses empreintes dans la cire. Il y a l'universel avant la pluralité dans l'intellect du démiurge, l'universel dans la pluralité et le concept abstrait après la pluralité ; les genres généralissimes sont des universaux antérieurs à la pluralité. Le troisième texte, de Simplicius, justifie le titre Catégories par la superposition de la prédication et de la participation : les genres suprêmes sont seulement prédiqués et participés, les individus seulement sujets, selon l'arbre de Porphyre. Dans la discussion, Hoffmann répond que la remontée à partir du langage, point le plus bas de la procession, passe par la communication et l'autorité du maître, image du démiurge providentiel. Il précise que la réminiscence passe ici par l'ouïe, des notions vers l'intellect, et non par la vision du sensible comme dans le Phèdre, et que la prière obéit à une autre dynamique, théurgique. Il accepte de corriger « évanoui » en « refroidi », évoque Synésius et les Oracles chaldaïques, et rattache le couple enseigner et apprendre au bien dans les catégories de l'agir et du pâtir de l'Éthique à Eudème.
Excerpts
Philippe Hoffmann sur sa thèse :
“c'est que les catégories euh d'Aristote sont pour les néoplatoniciens à comprendre dans une perspective sémantique elles sont des mots signifiants faonail santicille dont la signification je reviendrai là-dessus évidemment renvoie à ce qui est considéré comme les termes les plus universels les genres généralissimes”
Simplicius, traduit par Philippe Hoffmann, sur l'âme déchue et le langage :
“une fois tombé dans le devenir et gorgé d'oubli l'âme a eu besoin de la vue elle a eu besoin de loui pour se ressouvenir donc ce qui est écrit c'est une anamnèse elle a besoin en effet de celui qui ayant déjà contemplé la vérité”
Philippe Hoffmann sur la communication pédagogique :
“c'est un des textes les plus les plus précis que je connaisse sur ce qui se produit dans la communication mais une communication qui est véridique et univoque hein c'est-à-dire que les mots ça ne marche que si les mots ont un sens et le même sens”