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Podcasts/Andrea Cirla/Morin, Edgar & Braudel, Fernand & Friedmann, Georges & Furet, François

Morin, Edgar & Braudel, Fernand & Friedmann, Georges & Furet, François

Morin, Edgar: sociologue, auteur de l'enquête sur Plozévet, appelée Plodémet dans le livre

Braudel, Fernand: historien, professeur au Collège de France

Friedmann, Georges: sociologue

Furet, François: historien, directeur de la collection où paraît le livre

L'émission est animée par Jacques Le Goff, qui présente le débat et intervient (il est désigné par son nom dans les échanges). Les sous-titres sont automatiques, avec de nombreuses fautes ; l'attribution de certaines remarques à Le Goff ou à l'un des historiens est parfois incertaine.

E. Morin, Braudel, Le Goff, Friedmann, and F. Furet — A Commune in France: The Metamorphosis of P...

Andrea Cirla · Oct 15, 2023

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Core ideas

Le débat porte sur le livre d'Edgar Morin, issu d'une enquête interdisciplinaire menée dans la commune de Plozévet (Finistère, pays bigouden), rebaptisée Plodémet. Morin explique sa méthode : refus du questionnaire sur échantillon représentatif (« rouleau compresseur » trop superficiel) au profit d'une observation ouverte, à la manière de Balzac et de Stendhal, avec une équipe d'étudiants vivant sur place, des carnets quotidiens, des campagnes d'enquête successives et des « interventions » modestes (la maison des jeunes, qui réussit ; un comité de tourisme, qui échoue sur les antagonismes sociaux). Friedmann salue une œuvre d'histoire sociale et interroge la « marginalité » du chercheur ; Furet et Braudel soulignent que Morin fait de l'histoire à partir du présent et de la sensibilité qualitative, ce qui évite les limites des statistiques ; Braudel déplore que le chapitre historique néglige des questions précises (routes, marins, état civil) et que le livre ne soit pas comparatif.

Morin décrit ensuite l'histoire de la commune : un pays peu christianisé jusqu'à la Contre-Réforme, peu intégré à l'État et sans seigneur résident, devenu « rouge » (radical-socialiste) après la Révolution, notamment grâce à une corporation de tailleurs diffusant les idées de progrès et laïques, puis une première métamorphose entre 1880 et 1910 (bourg, port, maraîchage, petite propriété, vin rouge bon marché, buvettes, essor du folklore et de la coiffe bigoudène). Après deux guerres qui bouleversent les destins mais pas les structures, vient la « grande mutation » des années 1950 : arrivée de l'économie de consommation, de l'électrification, de la télévision, retour des « transplantés », crise des exploitations paysannes (Friedmann parle de « fin des paysans », que d'autres nuancent), polyactivité d'entrepreneurs, coopération freinée par la méfiance de voisinage.

Il décrit aussi des générations et des genres : jeunes partagés entre la « religion du travail » scolaire et celle du divertissement estival, qui s'estiment seuls détenteurs de la modernité ; femmes, agents actifs de la modernité domestique et de la ruine de l'économie paysanne. La politique se lit comme deux blocs de civilisation (école laïque contre Église), aujourd'hui tous deux en crise (le « rouge » se vide de militants et de foi dans le progrès, l'Église s'ouvre mais sans parti). Morin affirme que la « modernité » n'a pas de contenu fixe, ce que Furet et Braudel contestent en parlant d'un contenu trop éclaté ; Friedmann ajoute la crainte atomique, et Braudel demande si une seule commune permet de généraliser.

Excerpts

“mon principe est de ne pas appliquer a priori une méthode préprogrammée est préfixé le problème est que la méthode naisse du dialogue entre le chercheur et le sujet de sa recherche”

“ce qu'il y a d'extraordinaire dans le livre d'Edgar Morin c'est que c'est sa sensibilité au présent qu'il conduit à l'histoire et cette extraordinaire sensibilité au présent plus qu'à l'événement au monde tel quel qui lui fait recomposer réinventer tout le qu de passé que ce présent suppose”

“voà ma grande découverte dans toute cette enquête c'est que cette notion de de modernité n'a pas de contenu je me suis rendu compte qu'il y avait une modernité pour les vieilles générations”