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Podcasts/Andrea Cirla/Ladurie, Emmanuel Le Roy

Ladurie, Emmanuel Le Roy

historien du climat, professeur honoraire au Collège de France

Emmanuel Le Roy Ladurie – Nos ancêtres face à l'hiver

Andrea Cirla · Dec 17, 2023 · partial coverage

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Coverage note: full (environ sept minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec des erreurs de reconnaissance)

Core ideas

Un hiver rude, pas un grand hiver. Interrogé sur la vague de froid du moment, Le Roy Ladurie estime qu'elle est considérable mais qu'on n'est pas encore devant l'un des très grands hivers, ceux qui s'écartent d'environ deux degrés des moyennes de décembre à février. Selon les séries thermométriques d'un climatologue toulousain, le dernier quart du XVIIe siècle en a connu plusieurs (le chiffre est illisible, probablement sept), le XVIIIe et le XIXe siècle une dizaine par siècle, le XXe siècle quatre seulement : leur nombre a donc diminué, ce qui n'est pas dû au seul réchauffement. Il évoque un février extrême où « on a perdu tous nos oliviers ».

Comment nos ancêtres traversaient l'hiver. Les paysans un peu aisés étaient assez bien armés (la cheminée, ou le poêle dans l'Est), bien couverts et très endurcis. Mais les grands hivers arrêtaient le travail ouvrier et frappaient les errants et les mendiants sur les routes. La surmortalité hivernale pouvait être considérable surtout lorsque le gel détruisait une partie de la récolte de céréales, avec des effets sur la récolte suivante et sur le printemps de l'année d'après, comme en 1709-1710.

Les chiffres de la mortalité et le rôle des médias. Après le Grand hiver de 1709, la France a connu environ 630 000 morts supplémentaires sur 20 millions d'habitants, davantage que les pires années de la Première Guerre mondiale ; un hiver comme celui de 1740 en causait environ 100 000, et jusque vers 1920 on comptait encore des dizaines de milliers de morts. Depuis les années 1950-1960, la surmortalité reste sous 10 000, puis tombe à quelques milliers. Le Roy Ladurie juge que l'on supporte moins bien le froid parce qu'il y a moins de grands hivers, et il juge bon que les médias s'en occupent, grâce à la culture climatologique que la télévision a répandue (dépression, anticyclone, fronts).

Excerpts

“« on a perdu tous nos oliviers par exemple »”

“« après le grand fameux Grand hiver 1709 on a tout de même eu 630000 morts supplémentaires sur une population de 20 millions de Français »”

“« songer à l'immense culture climatologique qui s'est répandu dans le public depuis 50 ans »”