Vallejo, Irene
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Core ideas
Le livre contre l'oubli, de l'oralité au papyrus. Vallejo décrit les livres comme « notre victoire contre le silence, la destruction et l'oubli » : avant eux, à l'ère de l'oralité, tout était oublié. Le rouleau de papyrus, léger et souple, tenait une tragédie ou un dialogue de Platon, mais se maniait à deux mains, sans notes ni signets ; on lisait à voix haute, en public, le texte étant d'abord une partition (en fixant un poème oral, l'écriture le « calcifie » : elle sacrifie ses autres versions pour en sauver une). La lecture silencieuse est attestée par Augustin, étonné devant Ambroise de Milan : première expérience d'intimité.
Alexandrie et la violence des livres. La bibliothèque d'Alexandrie, rêve d'Alexandre réalisé par Ptolémée Ier, est un projet cosmopolite et impérial : posséder les livres, c'est posséder les âmes des sujets ; on saisit ce qu'on ne peut acheter, « s'il faut couper une gorge pour un livre précieux », on le fait. Elle ne regrette pas excessivement la perte (99 % des textes antiques sont perdus, mais des copies ont circulé vers Rome puis les monastères). Le parchemin naît d'un embargo ptolémaïque sur le papyrus qui pousse Pergame à perfectionner la peau, une culture liée à la cruauté (les peaux de très haute qualité obtenues par avortements forcés).
Le codex, les classiques, les menaces. Le codex, inventé à Rome, s'impose grâce aux chrétiens persécutés, car plus facile à cacher dans les plis d'une tunique : « nous sommes les descendants de ces premiers lecteurs ». Il change la structure (pages, paragraphes, ponctuation, chapitres, index). Les classiques qui survivent ont été les plus aimés, non seulement par la fortune de leurs auteurs ; la propagande meurt vite. Les livres ont failli disparaître à plusieurs reprises (fin de l'Empire romain, passage au christianisme), sauvés par les monastères et les traducteurs arabes. Aujourd'hui, la persécution du livre continue, car la libre circulation implique la liberté d'expression et de conscience ; elle estime que livres papier et numériques coexisteront.
Excerpts
“« My um favorite definition of what books really mean is our victory against um silence, destruction and oblivion. »”
“« we are descendants of those first readers »”
“« the free circulation of books implies freedom of speech freedom of conscience »”