[Not Set]
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (environ trente-trois minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres : « Hegel » écrit « égel », « gel » ou « héléatique », « Croce » écrit « crochet » ou « crotch »)
Core ideas
Un titre retourné, un critère vital. L'orateur inverse le titre de l'ouvrage de Croce de 1907, Ce qui est vivant et ce qui est mort dans la philosophie de Hegel, en signalant d'emblée que son critère est vital, non vrai ou faux : « ce qui est vivant et ce qui est mort ». Croce est partagé devant Hegel, comme le poète romain devant sa femme (« ni vivre sans elle ni vivre avec elle »). Pour lui, le cœur vivant de Hegel est la logique dialectique, qui unit de vrais contraires (être et non-être, vrai et faux, vie et mort), tandis que les faux contraires (infini et fini, essence et apparence) expriment sous la forme d'un dualisme ce qui est d'un seul tenant ; Hegel serait ainsi une philosophie sans transcendance.
Ce que Croce juge mort : le panlogisme. Dans l'ivresse de sa découverte, Hegel étend la dialectique à tout et assimile à tort la connexion des degrés de l'esprit (art, religion, philosophie, qui subsistent comme distincts) à l'opposition des contraires. Il dissout l'art dans la philosophie (mort de l'art), l'histoire réelle dans une histoire du concept, la nature dans la logique : la dialectique, féconde dans le champ de la pensée, devient mortifère lorsqu'elle est imposée à la réalité, qui est historique et narrative, attentive à l'événement. Le lien du vivant et du mort chez Hegel serait donc contingent, imputé à l'enthousiasme du philosophe.
Une réponse : ce qui est mort chez Croce. L'orateur soutient que Croce n'a pas vu que, pour Hegel, la logique est l'acte de s'aliéner, de s'incarner en nature et en réalité, transposition rationnelle du christianisme (Dieu qui s'incarne et se sacrifie) : la pensée hégélienne n'abolit pas les autres figures de l'existence, elle les libère et les suppose. Croce a donc rabaissé les parties concrètes de la philosophie hégélienne (nature, esprit, État), précisément celles qui nous importent aujourd'hui, par exemple la thèse d'un État politiquement fort et socialement libéral, ou le contrôle de la fonction publique. Il reste pourtant, conclut-il, exemplaire pour avoir posé à Hegel la bonne question : celle de ce qui est vivant dans une grande pensée.
Excerpts
“« non pas ce qui est vrai et ce qui est faux mais ce qui est vivant et ce qui est mort »”
“« je ne puis ni vivre sans elle ni vivre avec elle »”
“« mais d'avoir posé à heel la bonne question »”