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Eco, Umberto

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Umberto Eco on “The Baron in the Trees” by Italo Calvino and the Role of the Intellectual

Andrea Cirla · Aug 24, 2024 · partial coverage

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Coverage note: full (environ dix minutes ; sous-titres YouTube automatiques en anglais, avec des erreurs de reconnaissance sur les noms)

Core ideas

Un manifeste moral et politique sous forme de fable. Eco explique pourquoi Le Baron perché est resté pour lui, toute sa vie, une sorte de manifeste. À sa parution, des intellectuels engagés ont reproché à Calvino d'abandonner le réalisme du Sentier des nids d'araignée pour la poétique du fantastique, et la gauche officielle, attachée au réalisme socialiste, en fut bouleversée. Pour le jeune lecteur de vingt-cinq ans qu'il était en 1957, le livre fut un ravissement littéraire, une langue transparente, « cristalline », mais aussi un choc philosophique.

Contre l'intellectuel « organique ». Dans les années 1940 et 1950, les jeunes intellectuels, communistes ou catholiques, étaient obsédés par le devoir d'être « organiques » à leur groupe, de se montrer militants et de combattre les ennemis idéologiques. Deux voix s'y opposaient : celle de Vittorini, pour qui l'intellectuel ne doit pas « jouer de la flûte pour la révolution », donc être la conscience critique de son parti plutôt que son agent de presse, et celle de Bobbio, qui décrivait l'intellectuel cherchant une vérité qui ne se confond pas avec celle de son groupe. Il fallait, dit Eco, la force d'une parabole pour produire l'épiphanie : le baron, qui ne fait la leçon à personne et incarne un exemple.

Vivre sur les arbres pour mieux voir. Cosimo choisit de vivre dans les arbres, mais ce n'est pas une tour d'ivoire : de là-haut il observe avec sagesse les problèmes des pauvres, et il s'engage, sauvage devenu homme des Lumières, puis chef révolutionnaire toujours capable de critiquer son propre camp. Pour regarder la Terre, il faut garder une distance nécessaire, et la solitude, la singularité inconfortable sont la vocation du poète, de l'explorateur et du révolutionnaire. Eco raconte qu'en 1968, à des étudiants qui lui demandaient de définir le rôle de l'intellectuel, il proposa le roman de Calvino comme « seul manuel fiable » : le premier devoir de l'intellectuel engagé est de rester sur les arbres pour critiquer d'abord ses compagnons, et non fournir des slogans contre l'adversaire. Il conclut sur la légèreté, vertu de Calvino citée dans les Leçons américaines.

Excerpts

“« intellectual mustn't play the flute for the revolution »”

“« he simply embodies an example »”

“« to keep a distance from their his companions in order to criticize them first of all and not to provide slogans against their adversary »”