Sciascia, Leonardo
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Core ideas
Les deux Italies. Santoro ouvre sur l'image des deux Italies (celle de l'industrie et du Nord, celle de la mafia et du clientélisme au Sud), qu'il juge fausse. Sciascia se dit optimiste sur un pays riche et travailleur, mais qui rate « le bus » de la vraie rénovation à cause d'un manque de droit : la lutte contre la mafia ne peut se présenter comme l'abolition du droit pour la Sicile, mais comme « une restauration du droit » contre la violence et l'oppression, y compris de la part de l'État ; imiter les méthodes du préfet Mori, celles du fascisme, serait efficace à court terme mais perpétuerait la mafia. Il manque en Italie quelque chose de très simple : que la loi soit égale pour tous, frappe le commanditaire comme l'exécutant.
Protection des juges, antimafia et « bruit ». Interrogé sur la sécurité des magistrats, il dit qu'ils ont droit à être protégés, mais que 650 hommes employés aux escortes sont soustraits à la sécurité de la ville, où une agression survient toutes les deux minutes. Il reproche à l'antimafia de masquer, par le bruit, que rien n'est fait, voire moins qu'avant, et refuse que l'urgence soit gérée par un pouvoir parallèle : c'est à l'État de faire sans lois spéciales. À la question de savoir pourquoi la volonté manque, il répond qu'« il est difficile pour une classe politique de se suicider ». Il juge inutile de sortir les enfants de l'école pour manifester contre la mafia : il faut leur expliquer en classe ce qu'est la mafia dans l'histoire sicilienne et nationale.
Contradictions et maxi-procès. Kraatz objecte que la lutte des juges est héroïque et que l'État choisit son principal ennemi, qu'on ne l'a jamais vu autant de mafieux dans le box des accusés ; Padovani lui demande si ses articles sur le maire et sur Borsellino n'étaient pas malavisés, ce que Sciascia nie (il critiquait la méthode du CSM, non le juge). Sur le maxi-procès de Palerme (300 accusés), il y voit un risque de décalage entre le verdict d'instruction et le verdict final en cassation, et plaide pour des outils législatifs adaptés : il peut avoir des caractères spectaculaires, voire pédagogiques, mais « risque de ne pas avoir de résultats juridiques exemplaires ».
Excerpts
“« the fight against the mafia cannot present itself with the face of the abolition of law for Sicily, but must present itself precisely as a restoration of law »”
“« it is difficult for a political class to commit suicide »”
“« Taking kids out of school to demonstrate against the mafia is useless »”