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Bouet, Pierre

latiniste, professeur émérite de Caen, orthographié « Boué » dans les sous-titres

L'édition de textes latins medievaux 📜

Andrea Cirla · Aug 3, 2025 · partial coverage

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Coverage note: full (environ quarante-cinq minutes ; sous-titres YouTube automatiques, assez lisibles, avec des erreurs de reconnaissance sur les noms propres)

Core ideas

De l'Antiquité aux textes normands. Pierre Bouet raconte son parcours : normand, étudiant de lettres classiques à Caen, il refuse un sujet sur Cicéron (une trentième édition) pour travailler sur les historiens normands du latin médiéval (XIe-XIIe siècles : Dudon de Saint-Quentin, Guillaume de Jumièges, Geoffroi Malaterra), aidé par Michel de Boüard, Lucien Musset et Jacques Fontaine, et se forme en histoire et en bibliothèques médiévales. Il a fondé avec des collègues le centre pluridisciplinaire LOEN, qui organise les colloques de Cerisy sur la Normandie médiévale (le vingtième) ; les trois collègues ont publié les Chroniques latines du Mont-Saint-Michel (textes jamais traduits) et préparent une édition critique de Malaterra, texte sur la conquête normande de l'Italie du Sud et de la Sicile, dont le latin est « plus médiéval qu'on ne pensait » car l'édition précédente reposait sur un manuscrit tardif qui l'avait classicisé.

Un travail de détective du manuscrit. Olivier montre comment lire un manuscrit : plusieurs scribes, écritures livresques, abréviations par économie de parchemin, moisissures ; la numérisation permet d'agrandir et de faire apparaître des écritures illisibles à l'œil nu. Le fruit le plus concret est la correction d'erreurs de lecture des moines du XVIIe siècle : le prétendu raz-de-marée de 709 qui aurait englouti la forêt autour du Mont-Saint-Michel est un contresens sur le latin. La dimension internationale est forte (Britanniques, Américains, Canadiens, Italiens du Sud et de Sicile, notamment Bari, proche du premier sanctuaire de saint Michel) : les Normands de l'Italie du Sud furent dans une période de paix entre Lombards, Grecs, Arabes et juifs, avec des ateliers de traduction. Bouet dénonce l'histoire jacobine qui néglige les histoires régionales (sans être antifrançais), et la Bretagne, l'Aquitaine, la Bourgogne comme exemples.

Numérique, métier et avenir des langues anciennes. Le numérique apporte la lecture des manuscrits, les banques de données linguistiques et des éditions en ligne (texte latin, traduction et manuscrits numérisés ; presses universitaires de Caen), mais ne remplace pas le travail solitaire ni la connaissance intime de la langue ; Olivier regrette de ne jamais atteindre pour le latin l'intimité de la langue maternelle. Un projet vise à reconstituer virtuellement la bibliothèque du Mont-Saint-Michel (manuscrits d'Avranches, scriptorial). Côté enseignement, les effectifs de latin ont chuté (de 250 débutants à une poignée), la grammaire s'est affaiblie au secondaire, mais les étudiants reviennent vers le latin et le grec par l'histoire ou la philosophie, recherchés dans les métiers du patrimoine, de l'édition et de l'informatique. Bouet conclut sur Dudon de Saint-Quentin, historien qui imitait Tite-Live et Salluste pour dramatiser les batailles, que l'on réhabilite.

Excerpts

“« le fameux rat maré qui aurait enseveli la forêt autour du Montsaint-Michel en 709 et le fruit d'un contresens qui a été fait sur le texte latin »”

“« le numérique apporte beaucoup mais ne supprime pas la tâche du chercheur »”

“« on a une histoire jacobine en France, le pouvoir central parisien »”